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L'air près d'Edmonton contient des agents cancérogènes, conclut une étude

23/10/2013 03:38 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST

EDMONTON - L'air provenant d'une zone regroupant des usines pétrochimiques du nord-est d'Edmonton affiche des taux de pollution comparables à ceux observés dans certaines des plus grandes villes du monde, indique-t-on dans une nouvelle étude.

D'autres matières polluantes, dont certaines sont une cause connue du cancer, présentaient aussi des taux bien au-delà de la normale. Et les taux de cancer liés à ces produits chimiques se sont avérés nettement supérieurs dans les municipalités situées aux abords de cette importante zone industrielle.

Bien que les scientifiques de l'Université de Californie, qui ont mené l'étude, n'aient pas établi de lien direct entre ces deux éléments, l'une d'entre eux s'inquiète des effets à long terme qu'une telle exposition aux émissions pétrochimiques pourrait entraîner.

«Nous favorisons une approche prudente, soit une mesure de prévention de réduction des émissions de substances carcinogènes», a souligné Isobel Simpson, chimiste à l'Université de Californie et l'une des auteures du rapport publié en ligne par une organisation américaine, Atmospheric Environment.

Une porte-parole du gouvernement albertain a de son côté soutenu que le rapport n'était pas forcément représentatif de l'exposition des personnes à ces éléments polluants.

Plus d'une quarantaine d'entreprises, dont Shell et Imperial Oil, sont regroupées sur une surface de près de 600 kilomètres carrés située à environ 30 kilomètres au nord-est d'Edmonton.

Mme Simpson a indiqué que son équipe s'était intéressée à la région en 2008, alors qu'ils étaient invités à participer à une évaluation des impacts environnements dans la région.

Les chercheurs ont tiré leurs conclusions à partir des relevés sur deux jours, en août 2010, des éléments atmosphériques de 77 produits chimiques différents et les ont comparé avec des échantillons prélevés dans une région agricole.

Ils ont constaté que les éléments provoquant le smog y affichaient des taux comparables à ceux de villes telles Mexico, Pékin, Tokyo et Houston, au Texas, où l'on retrouve le plus grand centre pétrochimique des États-Unis.

La concentration de certains de ces produits était de 6200 fois plus que les échantillons de la zone agricole.

«Ce n'est pas une surprise. Mais ce qui nous inquiète, c'est le nombre de cancérogènes que nous avons mesuré», a indiqué Mme Simpson.

Les chercheurs ont constaté que la prévalence du cancer du sang chez les hommes des trois comtés environnant la zone industrielle était, entre 1997 et 2006, nettement supérieure à n'importe quelle autre zone à proximité.

«Nous ne disons pas que l'un entraîne l'autre. Mais il est certain que c'est plausible.»

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