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Commission Ménard : « Les citoyens ont des droits, les étudiants, non »

23/10/2013 05:10 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

Plus d'un an après les événements du printemps 2012, trois étudiants de l'Université de Sherbrooke n'ont rien oublié de la violence et de la campagne de salissage dont ils affirment avoir été victimes. Ils ont chacun livré leur témoignage dans le cadre de la commission Ménard, mercredi.

« Dans le discours du gouvernement, dans le discours de certains médias, on était présentés comme des criminels, comme des indésirables », a affirmé Sarah B. Lamarche.

Le point culminant, selon elle, a été la manifestation nocturne du 18 mai 2012 à Sherbrooke, qui s'est soldée par des affrontements assez violents. « Tout d'un coup, on se sentait physiquement comme des criminels. C'était dans notre rue, dans notre ville. C'était nous. »

Vidéos à l'appui, les étudiants de l'Université de Sherbrooke ont affirmé que les policiers avaient agi avec force, en utilisant des bombes assourdissantes, alors que les étudiants manifestaient de façon pacifique. Selon eux, la confiance entre les forces de l'ordre sherbrookoise et les manifestants a été brisée ce soir-là, et la peur s'est installée chez eux.

Un conseiller syndical à la CSN, Léonide Ouellette, qui s'y connaît en manifestations, a mis en doute certaines pratiques policières. L'imposante cavalerie qui était présente lors des manifestations l'agace. Il s'interroge également sur l'utilisation d'un simple porte-voix pour déclarer les manifestations illégales. « Comment ça doit se faire... par sirène? Par haut-parleurs surélevés pour que les pancartes ne bloquent pas le son? C'est à voir. Ce qui est à corriger, c'est que cet avis de dispersion doit être entendu par le plus grand nombre de manifestants possible. Pour des questions de sécurité notamment », dit-il.

Présidée par l'ancien ministre péquiste Serge Ménard, la commission vise à faire la lumière sur les événements survenus lors du conflit étudiant du printemps 2012 au Québec.

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