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L'arrivée de nouvelles infirmières au Québec compense les départs à la retraite

22/10/2013 06:24 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST
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Nurse tending patient in intensive care

MONTRÉAL - L'arrivée de nouvelles infirmières dans le secteur de la santé au Québec a permis de combler les départs à la retraite et d'assurer le maintien de l'effectif.

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a publié, mardi, des statistiques qui font état d'un nombre record d'entrées dans la profession.

Des permis ont été délivrés à 3041 infirmières et infirmiers de la relève en 2012-2013, soit une trentaine de plus que l'an passé.

Selon l'Ordre, le nombre de nouveaux permis n'avait pas dépassé la barre des 3000 depuis la fin des années 1970.

Au total, le nombre d'infirmières et d'infirmiers inscrits au Tableau de l'Ordre en 2012-2013 a atteint 72 365 membres. On en compte ainsi 200 de plus que l'année précédente, soit une croissance de 0,3 pour cent.

Selon l'Ordre, cette augmentation est appréciable dans un contexte où la vague des départs à la retraite a augmenté en 2012-2013.

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) _ le regroupement des syndicats de professionnelles en soins infirmiers _ voit dans ce portrait «une série de bonnes nouvelles en soi», mais aussi des aspects préoccupants.

La FIQ souligne notamment que les ratios professionnelle-patients sont encore trop élevés dans les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), autrement dit qu'il y a encore trop peu d'infirmières ou de personnel en soins de santé pour le nombre de personnes hébergées. «Il est grand temps de renverser la vapeur», affirme la présidente de la FIQ, Régine Laurent, qui y voit carrément une «déshumanisation des conditions de travail» de ses membres.

La FIQ trouve aussi problématique qu'une grande proportion d'infirmières travaillent encore à temps partiel, alors que les besoins sont si grands. «Il reste du travail à faire, car plus de 44 pour cent de la relève travaille à temps partiel _ 40 pour cent pour l'ensemble de l'effectif infirmier _ ce qui représente un pourcentage encore trop élevé pour permettre une réelle stabilisation des équipes de travail», juge Mme Laurent.

Le regroupement syndical estime que «tant que le réseau de la santé continuera à offrir un nombre aussi élevé de postes à temps partiel aux professionnelles en soins, la présence du personnel d'entreprises privées dans le réseau public restera problématique et le recours aux heures supplémentaires obligatoires continuera d'être la norme plutôt que l'exception».

Quant à l'Ordre des infirmières, il précise qu'environ 12 500 infirmières travaillaient en soins de première ligne en 2012-2013, soit 12 pour cent de plus qu'il y a cinq ans.

Une croissance est observée en cliniques privées, en cliniques-réseau et dans les groupes de médecine de famille (GMF), où l'effectif est passé de 1000 à plus de 1600 en cinq ans.

L'Ordre souligne par ailleurs que 35,5 pour cent des infirmières sont titulaires d'un baccalauréat en sciences infirmières.

Ailleurs au Canada, la proportion des bachelières atteint 48 pour cent.