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Frappes de drones au Pakistan: Amnistie internationale réclame une enquête

22/10/2013 04:40 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - La Maison-Blanche a exprimé mardi son profond désaccord avec le rapport d'Amnistie internationale, qui affirme que les États-Unis ont violé le droit international en ayant recours aux frappes menées par des drones au Pakistan.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a indiqué que le gouvernement américain analysait le rapport d'Amnistie internationale au sujet des civils tués ou blessés par les frappes de drones de la CIA. L'organisation estime que les États-Unis devraient enquêter sur ces frappes.

M. Carney a assuré que les actions des États-Unis respectaient toutes les lois pertinentes. Il a précisé qu'avant qu'une frappe de drone soit décidée, les responsables devaient avoir la «quasi-assurance» qu'aucun civil ne serait touché. Il a estimé que les autres méthodes de lutte contre le terrorisme causeraient plus de pertes civiles et renforceraient les groupes extrémistes.

Les opérations antiterroristes américaines sont «précises, légales et efficaces», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, qui a souligné qu'il existait un important écart entre les pertes civiles comptabilisées par le gouvernement américain et celles recensées par des organisations comme Amnistie internationale.

Lors d'un discours en mai, le président Barack Obama avait déclaré que les États-Unis menaient des frappes de drones seulement lorsqu'ils sont pratiquement sûrs qu'aucun civil ne sera tué ou blessé. Mais Amnistie internationale souligne que le programme de drones du gouvernement américain est tellement secret qu'il est impossible de dire quelles mesures sont prises pour éviter les pertes civiles. L'organisation déplore que les États-Unis ne se soient pas engagés à faire enquête sur les décès de civils qui se sont produits jusqu'à maintenant.

Plusieurs organisations de défense des droits de la personne ont tenté de dresser le bilan des victimes des frappes de drones menées depuis près de dix ans au Pakistan. Ces groupes estiment que ces attaques ont fait de 2065 à 3613 morts. De 153 à 926 de ces victimes seraient des civils.

Amnistie internationale rapporte notamment le cas d'une grand-mère de 68 ans, tuée en octobre 2012 alors qu'elle cueillait des légumes avec ses petits-enfants dans son jardin de la région tribale du Waziristan du Nord, près de la frontière avec l'Afghanistan. Trois des petits-enfants de Manama Bibi ont été blessés dans la frappe, de même que plusieurs autres personnes qui se trouvaient à proximité, selon les témoins.

Amnistie estime que certaines attaques détaillées dans son rapport pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires ou des crimes de guerre, même si les États-Unis assurent que ces frappes sont légales.

Le gouvernement américain considère son programme de drones comme un élément crucial de sa stratégie de lutte contre les groupes terroristes pakistanais qui mènent des attaques de l'autre côté de la frontière, en Afghanistan. Mais la croyance très répandue au Pakistan voulant que ces frappes tuent un grand nombre de civils alimente le ressentiment envers les États-Unis et complique la capacité des deux pays à coordonner leurs efforts contre les groupes extrémistes, dont Al-Qaïda.

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