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De nouvelles applications inquiètent les compagnies de taxi

22/10/2013 09:21 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST

Un texte de Bahador Zabihiyan

Les Montréalais pourront bientôt se servir de leur téléphone intelligent pour héler virtuellement un taxi grâce à deux entreprises qui tentent de s'implanter dans la métropole. Mais l'initiative fait grincer des dents les compagnies de taxi traditionnelles, qui craignent une diminution de la qualité du service.

Un texte de Bahador Zabihiyan

La compagnie Hailo, dont l'application est déjà utilisée dans une quinzaine de villes dans le monde, a récemment ouvert un bureau sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, afin de recruter des chauffeurs de taxi. L'application permet aux chauffeurs d'entrer directement en contact avec des clients. Une fois la course terminée, le client utilise sa carte de crédit pour régler la note, par l'intermédiaire de l'application.

Le directeur général de Hailo Montréal, Jeff Desruisseaux, explique que sa compagnie a déposé une demande au Bureau du taxi et de remorquage de Montréal (BTRM) afin d'obtenir un « permis d'intermédiaire en services de transport par taxi ». Le permis est nécessaire pour ceux qui veulent exploiter un tel service. « Présentement, à Montréal, nous avons entrepris toutes les démarches afin de nous plier à la réglementation », a expliqué M. Desruisseaux, en entrevue à l'émission Daybreak de CBC.

La compagnie Uber est aussi à pied d'œuvre afin de recruter des chauffeurs de taxi à Montréal. La porte-parole d'Uber, Nairi Hourdajian, n'a pas été en mesure de dire si la compagnie avait déposé une demande d'autorisation auprès du BTRM. Elle a toutefois précisé que l'entreprise ne se voyait pas comme une compagnie de taxi, mais plutôt comme un service qui met en relation les chauffeurs de taxi avec leurs clients. Uber est ainsi comparable au site « Expedia.com » qui permet d'acheter des billets d'avion en ligne en comparant les prix des compagnies aériennes, explique Mme Hourdajian.

Toutefois, Uber est déjà en phase d'essai à Montréal, et certains peuvent utiliser le service. L'application montre qu'une demi-douzaine de chauffeurs sont disponibles présentement pour répondre à la demande. Samedi dernier, le joueur du Canadien Alex Galchenyuk, a expliqué sur Twitter qu'il avait utilisé l'application « pour la première fois », et en a vanté l'efficacité. Le lancement officiel d'Uber à Montréal aura lieu à la mi-novembre, selon Mme Hourdajian.

Le BTRM s'est refusé à tout commentaire quant à savoir si Uber pouvait exploiter son application à Montréal. Le bureau n'a pas souhaité non plus indiquer si une demande d'autorisation avait été déposée par Hailo.

Dory Saliba, le président du Comité provincial de taxi, une organisation qui représente les compagnies de taxi au Québec, estime que l'arrivée de ces applications va faire baisser la qualité du service. Contrairement aux compagnies traditionnelles, Uber et Hailo n'ont pas de « comité de discipline » pour sanctionner les chauffeurs qui auraient commis des fautes, dit M. Saliba. Il estime aussi que le travail des chauffeurs recrutés par ces deux compagnies ne fera pas l'objet d'un surveillance semblable à ceux des entreprises de taxi traditionnelles.

Des applications critiqués à Toronto

Hailo recrute des chauffeurs indépendants qui utilisent notamment les services d'intermédiaires, comme Taxi Diamond, pour trouver leurs clients. Toutefois, les compagnies comme Taxi Diamond interdisent à leurs chauffeurs d'utiliser des applications comme Hailo ou Uber, explique Denis Laramée, directeur général adjoint de Taxi Diamond. Il estime que cela équivaudrait à travailler pour « Coca-Cola » et « Pepsi » en même temps.

À Toronto, l'apparition des applications comme Hailo ou Uber a créé des tensions entre les chauffeurs qui souhaitent les utiliser pour arrondir leurs fins de mois et les compagnies de taxis. Cette semaine, un chauffeur a perdu son emploi après avoir utilisé ces applications, rapporte le Toronto Star.

M. Desruisseaux estime que son application n'entre pas en concurrence avec les compagnies de taxi traditionnelles. Hailo aide les chauffeurs indépendants à améliorer leurs revenus, étant donné qu'ils n'ont pas de salaire fixe, selon M. Desruisseaux. Dans certaines villes, les chauffeurs qui ont utilisé l'application ont pu augmenter leurs revenus de 30 %, selon lui.

Uber : une jeune entreprise appuyée par le géant Google

Uber est déjà présent dans une cinquantaine de villes dans le monde. La compagnie a récemment engagé des lobbyistes à Washington afin d'assouplir notamment la réglementation entourant les taxis, rapportait le site Politico, en septembre. Plus tôt ce mois-ci, la branche d'investissement du géant de l'Internet Google, et la firme TPG ont injecté 258 millions de dollars dans Uber, afin d'aider la jeune entreprise à se développer.

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