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Syrie: la course d'obstacles pour une conférence de paix se poursuit à Londres

22/10/2013 07:57 EDT | Actualisé 22/12/2013 05:12 EST
AP
U.S. Secretary of State John Kerry, second from left, meets members of the Syrian opposition coalition at the U.S. Ambassador's residence in London Tuesday, Oct. 22, 2013. How to persuade Syrian President Bashar Assad to step down will be part of the focus Tuesday at a London meeting of 11 nations from the West and Mideast seeking a negotiated settlement to the war. (AP Photo/Alastair Grant, Pool)

Onze pays occidentaux et arabes du "groupe des amis de la Syrie" poursuivaient mardi à Londres leurs efforts pour surmonter les obstacles à la tenue en novembre d'une conférence de paix à Genève, boycottée par une partie de l'opposition et jugée "prématurée" par Bachar al-Assad.

La rencontre d'une journée au Palais de Lancaster, un manoir proche du Palais de Buckingham, prolonge des tractations à Paris la veille.

Elle réunit les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, d'Allemagne, d'Italie, de Turquie, d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar, de l'Egypte et de la Jordanie.

La Coalition de l'opposition syrienne est pour sa part notamment représentée par son président Ahmad Jarba.

Les participants sont arrivés sur place à 09H00 GMT. La rencontre devait se conclure sur un communiqué commun.

Juste avant l'ouverture des travaux qu'il préside, le secrétaire au Foreign Office William Hague a rappelé l'enjeu immédiat: si la Coalition nationale "a fait savoir qu'elle irait" à la conférence dite de Genève-2, l'une de ses composantes, le Conseil national syrien (CNS, qui constitue le sous-groupe le plus important), "a indiqué qu'il y était opposé".

L'opposition syrienne tentera début novembre de résoudre ses divergences dans l'espoir, de plus en plus ténu, d'organiser, au cours du même mois, la conférence de Genève-2.

En amont, "nous nous retrouvons pour les encourager à adopter une position unie" et pour les encourager "à aller aux pourparlers de paix de Genève afin d'éviter le bain de sang, et à se parler en tant que Syriens", a insisté M. Hague.

Il s'agit également de "discuter plus en détail des paramètres d'un processus de transition véritable pour la Syrie, dans lequel (le président syrien) Bachar al-Assad ne peut jouer aucun rôle", a rappelé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La conférence de Genève-2, promue par les Américains et les Russes, est censée accoucher d'une formule de transition démocratique en vue de stopper la guerre civile.

Le chef du CNS, Georges Sabra, assure qu'une telle transition exige un arrêt préalable des combats, tandis que l'opposition toute entière souhaite inscrire à l'ordre du jour le départ du président Bachar al-Assad.

Lundi soir, ce dernier a un peu plus compliqué la donne en estimant que les conditions n'étaient "pas encore réunies" pour garantir le succès des négociations.

Le président syrien a d'autre part affirmé que les Frères musulmans, composante de l'opposition syrienne mais pas partie prenante aux négociations en cours, étaient "un groupe terroriste et opportuniste".

Il a enfin annoncé qu'il était prêt à se présenter à l'élection présidentielle de 2014. "Cette guerre n'en finira pas tant qu'il est là où il est", a aussitôt réagi le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Pour finir, Bachar al-Assad a adressé une mise en garde voilée à l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi. Ce dernier, qui a visité depuis le week-end l'Egypte, l'Irak et le Koweit avant de gagner la Qatar et la Turquie, s'est vu rappeler "qu'un médiateur doit être neutre".

La guerre civile en Syrie a fait plus de 115 000 morts depuis mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les tractations diplomatiques interviennent plus d'un mois après un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, qui a éloigné la menace de frappes américaines et françaises après une attaque chimique meurtrière imputée au régime le 21 août près de Damas.

Au plan diplomatique, le refus de l'Arabie saoudite de siéger au Conseil de sécurité de l'ONU, un acte sans précédent visant à protester contre "l'impuissance" du Conseil, en particulier face au drame syrien, a suscité des inquiétudes. John Kerry a rappelé lundi à son homologue saoudien Saoud al-Faiçal que son pays aurait plus d'influence s'il acceptait de revenir sur sa décision, selon un diplomate américain.

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