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Un groupe dénonce la cruauté animale chex deux producteurs d'oeufs de l'Alberta

21/10/2013 01:33 EDT | Actualisé 21/12/2013 05:12 EST

VANCOUVER - Un groupe pour les droits des animaux demande à McDonald's Canada de prendre position contre ce qu'il qualifie de «cruauté choquante envers les animaux» captée sur une vidéo qui aurait été tournée chez deux producteurs de poulets de l'Alberta.

McDonald's affirme pour sa part qu'aucun de ses oeufs ne provient de ces fermes.

La vidéo tournée en caméra cachée par Mercy for Animals Canada et diffusée à l'émission d'affaires publiques «W5», sur les ondes de CTV, montre des poules entassées dans des cages et des poussins frappés violemment par des travailleurs avant d'être jetés dans des sacs à ordures.

«[Les poules] sont tellement à l'étroit dans les cages qu'elles ne peuvent battre des ailes, marcher ou se tourner, et ne peuvent donc adopter aucun de leurs comportements normaux», déplore Stéphane Perrais, directeur de l'exploitation de Mercy for Animals Canada.

«Elles passent une année de leur vie dans cet endroit misérable, ne faisant tout compte fait que produire des oeufs, et, après cette période, elles sont considérées comme épuisées par l'industrie parce que leur productivité est en déclin, et elles sont donc tuées.»

Le groupe précise que les images ont été tournées par un enquêteur s'étant fait passer pour un travailleur de la ferme, qui avait été embauché par Ku-Ku Farms et Creekside Grove Farms. Il y aurait travaillé pendant 10 semaines, au printemps dernier.

Selon Mercy for Animals Canada, Creekside Grove Farms fournirait des poussins à Ku-Ku Farms, près d'Edmonton. Ku-Ku fournirait ensuite des oeufs à l'ontarienne Burnbrae Farms, principal fournisseur d'oeufs de McDonald's Canada.

McDonald's affirme cependant que bien qu'il s'approvisionne auprès de Burnbrae — mais aussi de plusieurs autres entreprises au pays —, aucun de ses oeufs ne provient effectivement des fermes impliquées dans le reportage de «W5» — et d'ailleurs «aucun de (ses) oeufs ne provient de l'Alberta».

Des photos de Mercy for Animals Canada montrent des oeufs dans des contenants sur lesquels sont apposées des étiquettes indiquant que les oeufs proviennent de chez Ku-Ku Farms, et qu'ils sont destinés à Burnbrae Farms.

Si M. Perrais admet que la vidéo provocante ne permet pas d'évaluer la qualité des oeufs ou d'éventuels risques alimentaires, son organisation demande à McDonald's d'interdire à ses fournisseurs d'oeufs d'utiliser des poules coincées dans des cages qui sont à peine plus grandes que les animaux, et qui les empêchent de se déplacer.

Une déclaration de McDonald's précise que l'entreprise n'approuve pas la cruauté envers les animaux de la part de ses fournisseurs.

«Nous nous assurons que les animaux soient traités humainement, et croyons qu'ils ne devraient pas être soumis à des traitements cruels, des agressions ou de la négligence», a mentionné la porte-parole Karin Campbell dans la déclaration transmise par courriel à La Presse Canadienne.

«L'abus n'est jamais toléré au sein de notre chaîne d'approvisionnement, et McDonald's possède des politiques strictes à propos du traitement des animaux, que nos fournisseurs doivent respecter en tout temps. Nous travaillons également avec nos fournisseurs et des experts externes pour améliorer continuellement nos normes et pratiques, à la fois au sein de chez McDonald's et dans l'industrie.»

Les Producteurs d'oeufs du Canada, une organisation sans but lucratif qui inspecte les élevages de tout le pays, a fait savoir qu'elle enquêtait sur la vidéo de Mercy for Animal Canada pour s'assurer de son authenticité, a fait savoir son président, Peter Clarke.

«Je peux vous assurer catégoriquement que l'activité montrée dans la vidéo, en ce qui concerne le traitement des oiseaux, la façon dont on disposait des poules (...) voilà quelque chose qui n'a pas lieu chez les producteurs d'oeufs du pays», a-t-il soutenu.

M. Clarke assure que son organisation inspecte régulièrement des fermes pour s'assurer que les producteurs respectent le code de pratiques de l'industrie, mais que les inspections «ne permettent pas nécessairement d'éviter que quelque chose d'aussi horrible et décevant ne se produise».

Le propriétaire de Ku-Ku Farms et de Creekside Grove Farms a refusé d'accorder une entrevue à l'émission «W5». Il n'a pas non plus répondu à des appels et des courriels de La Presse Canadienne, pas plus que ne l'ont fait les gens de chez Burnbrae Farms.

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