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Coca bolivienne: un deuxième décès après un raid gouvernemental

20/10/2013 09:58 EDT | Actualisé 20/12/2013 05:12 EST

LA PAZ, Bolivie - Un policier bolivien est devenu dimanche le deuxième membre d'une équipe gouvernementale d'éradication de la coca à tomber sous les balles lors d'une embuscade tendue par des cultivateurs de coca qui, selon les autorités, détiennent huit membres de cette équipe en otages.

Dix autres membres de cette équipe formée de policiers et de militaires ont été blessés par balle, tandis que dix autres ont été passés à tabac lors de l'attaque, survenue samedi dans une zone rurale de la ville éloignée d'Apolo, à près de 150 kilomètres au nord de La Paz, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Carlos Romero.

Il s'agit de la première attaque mortelle contre une équipe d'éradication de la coca depuis qu'Evo Morales, un chef syndical de producteurs de coca, a été élu à la présidence de la Bolivie pour la première fois, il y a près de huit ans.

Une balle a perforé l'estomac et le pancréas du policier mort dimanche, a précisé le ministère de l'Intérieur dans communiqué. Le lieutenant de l'armée mort samedi avait quant à lui été atteint au poumon, selon le communiqué.

Un leader local des cultivateurs de coca, Gregorio Cari, a déclaré par téléphone à l'Associated Press que les forces de sécurité avaient attaqué avec des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles. Selon M. Cari, les cultivateurs tentaient seulement de protéger leurs récoltes.

«On m'a signalé que mes camarades avaient été provoqués», a-t-il dit, avant d'ajouter que ses collègues avaient pris des otages pour assurer leur propre sécurité, et cherchaient à dialoguer pour éviter la «confrontation».

Le gouvernement considère que deux tiers des récoltes de coca de la Bolivie sont légaux et servent à des usages traditionnels, comme atténuer les effets de la vie en altitude et de la fatigue. Des équipes militaro-policières éradiquent cependant les champs de coca non autorisés, et le responsable à la tête de cette opération, Felipe Caceres, affirme que plus de 50 kilomètres carrés de récoltes ont été détruits cette année.

Selon des responsables américains, la majorité des feuilles de coca boliviennes sont transformées en cocaïne, avant d'être expédiées au Brésil, en Argentine et en Europe.

M. Morales a bâti sa carrière comme leader de six fédérations de cultivateurs de coca dans la région de Chapare, au centre de la Bolivie.

Des détracteurs, dont M. Cari, affirment que le président favorise ses partisans dans le Chapare plutôt que les cultivateurs des autres régions. Les deux tiers des récoltes détruites cette année l'ont toutefois été dans ce même État.

Du côté du gouvernement américain, on affirme que le résultat de cette opération d'éradication a fait augmenter le trafic de cocaïne et la violence qui y est liée en Bolivie, le tout alimenté par la corruption gouvernementale. Ce mois-ci, les États-Unis ont coupé toute aide à la Bolivie dans sa lutte contre le trafic de drogue.

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