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L'expulsion d'une famille d'immigrants provoque un tollé en France

19/10/2013 11:25 EDT | Actualisé 19/12/2013 05:12 EST

PARIS - Critiqué par l'extrême gauche et certains membres de son propre parti, le président français, François Hollande, a déclaré samedi qu'une immigrante de 15 ans ayant été arrêtée devant ses camarades de classe avant d'être expulsée de France avec ses proches pouvait revenir au pays, mais seule.

Leonarda Dibrani a répondu qu'elle ne reviendrait pas en sol français sans sa famille.

L'expulsion du clan Dibrani, dont la demande d'asile a été rejetée, a provoqué un tollé en France, où de tels cas ne sont pas rares mais demeurent tout de même un sujet controversé alors que l'Hexagone tente de gérer l'afflux toujours plus grand d'immigrants sur son territoire.

La question est d'autant plus délicate pour le gouvernement socialiste de M. Hollande, qui essaie de présenter une image plus positive des politiques d'immigration de la France et de se distancer de l'approche intransigeante de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

La controverse a commencé cette semaine, après qu'il eut été révélé publiquement que Leonarda avait été interpellée par la police alors qu'elle descendait d'un autobus à la suite d'une sortie scolaire.

L'histoire s'est depuis un peu compliquée, le père de la jeune fille ayant admis avoir menti dans sa demande d'asile. Il a en effet affirmé dans le document que les Dibrani avaient fui le Kosovo parce qu'ils y étaient persécutés en raison de leurs origines tsiganes. Leonarda et la plupart de ses frères et soeurs sont nés en Italie, même s'ils ne détiennent pas la citoyenneté italienne.

Un rapport publié samedi par le gouvernement français a décrété que les policiers avaient respecté la loi, mais qu'ils n'avaient apparemment pas réalisé la délicatesse de la mission qu'ils étaient chargés d'exécuter.

Craignant que cela ne suffise pas à ramener le calme, François Hollande a pris la parole samedi sur les ondes de la télévision nationale afin de rappeler la position de la France par rapport aux immigrants illégaux tout en exprimant de la compassion pour l'adolescente prise malgré elle dans la tourmente.

ll a affirmé que, étant donné les circonstances de son arrestation, Leonarda Dibrani pouvait revenir en sol français si elle le désirait, mais sans ses proches. La jeune fille, qui se trouve maintenant à Mitrovica, au Kosovo, a répliqué qu'elle ne reviendrait pas sans sa famille.

M. Hollande a précisé que la police locale serait avisée qu'elle ne pouvait pas procéder à ce type d'arrestation lorsque les enfants visés sont à l'école, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du bâtiment, dans un autobus ou durant des activités parascolaires.

Même si les sondages montrent qu'une majorité de Français pensent que le clan Dibrani ne devrait pas avoir le droit de revenir en France, l'affaire menace de déstabiliser le gouvernement Hollande.

Jeudi et vendredi, des milliers d'étudiants ont manifesté contre l'expulsion et, samedi, ils se sont réunis de nouveau sur les marches de l'Opéra et sur la place de Bastille, à Paris, afin de réclamer la modification de la loi empêcher les mineurs qui fréquentent l'école et leurs proches d'être expulsés du pays.

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