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Les manifestants contre l'austérité camperont jusqu'à mardi à Rome

19/10/2013 07:48 EDT | Actualisé 19/12/2013 05:12 EST

Des centaines de personnes ont annoncé dimanche qu'elles continueront à camper sur la place Porta Pia dans le centre de Rome, pour protester contre l'austérité, les expulsions, et pour des logements moins chers. Le camp a débuté samedi après que des dizaines de milliers d'Italiens aient manifesté leur mécontement.

Ces manifestants regroupaient autant des militants des droits des immigrés ou du droit au logement, que des opposants au projet de TGV Lyon-Turin, les « No-Tav » (Train à Grande Vitesse).

« On proteste contre une austérité qui met le pays à genoux », a expliqué Piero Bernocchi, du syndicat autonome Cobas. Pour lui, l'austérité n'a pas atteint son but, soit de réduire la dette, alors que « la classe politique continue avec ses privilèges. »

L'événement a donné lieu à des affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants, malgré une surveillance policière accrue. Selon les organisateurs, 70 000 personnes étaient sur place lors du défilé qui est parti de la place Porta Pia, dans le sud de la ville, traversant le centre de la capitale quasi désert.

Une centaine de manifestants au visage masqué ont incendié des poubelles devant le ministère des Finances et d'autres ont détruit à coups de pierres la vitrine d'une agence de la banque Unicredit. Des bombes fumigènes, des œufs et des bouteilles ont aussi été lancés.

Pour prévenir des incidents aussi violents qu'en 2011 lors d'une manifestation à Rome pour la journée mondiale des « indignés », entre 3 000 et 4 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés. De nombreux heurts s'étaient produits aussi lors des manifestations des « No-Tav » dans le nord de l'Italie.

Au total, 16 personnes ont été interpellées et deux policiers ont été blessés lors de ces affrontements, ont fait savoir les policiers. Le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, a annoncé l'expulsion du pays de cinq militants français. 

Quelques manifestants ont ensuite érigé des tentes.

Une rencontre est prévue mardi entre le ministre des Infrastructures et des Transports, Maurizio Lupi, et une délégation de manifestants afin de débattre leurs revendications.

Le Portugal contre la rigueur

Au même moment samedi à Lisbonne, des milliers de manifestants se sont prononcés contre les mesures de rigueur mises en place par le gouvernement, qui touchent les salaires et les retraites.

Les manifestants ont réclamé la démission du gouvernement et ont demandé à la Cour constitutionnelle de rejeter le projet de budget pour 2014. Le projet a été élaboré selon les exigences de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) en échange de la poursuite d'aide internationale.

Une nouvelle manifestation a été appelée par le dirigeant de la General Confederation of the Portuguese Workers (CGTP), soit le premier syndicat du pays qui regroupe 750 000 travailleurs. Armenio Carlos veut de cette façon demander des élections anticipées et la fin de l'austérité.

Des milliers de personnes se sont réunies samedi à Porto, la deuxième ville du pays, donnant ainsi de l'ampleur au mouvement antirigueur. 

Il s'agit de la première grande mobilisation après qu'une nouvelle cure d'austérité a été dévoilée mardi. Elle touchera de plein fouet le pouvoir d'achat des fonctionnaires et des retraités. Le projet de budget pour 2014 prévoit des réductions des salaires des fonctionnaires allant de 2,5 % à 12 %, ainsi que les coupes de près de 10 % dans les retraites des anciens salariés du secteur public.













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