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Le pilier de 19 ans

19/10/2013 01:37 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST

Le défenseur des Predators de Nashville Seth Jones joue déjà près de 24 minutes par match malgré ses 19 ans

On ne confondra jamais les Oilers d'Edmonton et les Predators de Nashville. Si les premiers n'ont jamais eu peur d'employer des joueurs encore à l'adolescence, les deuxièmes ont l'habitude d'être plus patients.

Dans ce contexte, l'histoire de Seth Jones en dit long sur le talent du jeune homme. Projeté comme le possible premier choix du dernier repêchage, Jones a finalement été réclamé par les Predators au 4e rang. Le Canadien pourra faire connaissance avec lui samedi soir, à Montréal.

Jones a eu droit à tout un cadeau pour ses 19 ans, le 3 octobre dernier : son premier match dans la Ligue nationale. Ce soir-là, l'entraîneur-chef Barry Trotz l'avait employé pendant 18 min 35 s, une lourde charge de travail pour un défenseur dont c'était le baptême de feu dans la LNH.

Depuis, son temps d'utilisation n'a jamais même chuté sous les 20 minutes. Jeudi, dans un match conclu en tirs de barrage, le fils de l'ancien joueur de basketball Popeye Jones a passé… 28 minutes sur la patinoire!

« Oui, je suis surpris, admet le principal intéressé. À mon premier match, j'ai joué 19 minutes et je m'attendais à ce que ça reste souvent ainsi. La blessure à Roman Josi a forcé l'équipe à trouver une solution et je me retrouve avec plus de responsabilités. »

« Seth est une éponge, a lancé Trotz, après l'entraînement matinal, samedi. Je n'ai pas à lui répéter des consignes, il apprend très vite. À 19 ans, il joue déjà de grosses minutes pour notre équipe et dans des situations différentes. »

Dans l'histoire de Predators, un seul joueur a joué une saison dans la Ligue nationale dès son année de repêchage : Scott Hartnell, en 2000-2001. Cette année-là, l'attaquant repêché au 6e rang avait amassé 16 points en 75 matchs. « Il a seulement marqué deux buts et ça l'a rapproché de l'autonomie complète d'un an », rappelle le directeur général des Predators, David Poile.

« On a toujours cru que la route vers Nashville passe par Milwaukee, ajoute le DG. Ryan Suter, Shea Weber et Pekka Rinne ont joué là et ça les a servis. Tout le monde peut jouer un m match dans la Ligue nationale, mais tu veux un joueur qui connaîtra une carrière complète. C'est vrai dans 99% des cas, mais on savait que c'était un repêchage spécial. »

Mature et polyvalent

Poile est intarissable lorsqu'il est question de la maturité de son jeune prodige.

« Je parlais à ses parents, ils me demandaient comment il se débrouillait sur la patinoire au camp et je ne leur en ai pas parlé, je leur disais seulement à quel point c'était une bonne personne et pour moi, c'était aussi important que toute autre chose. Oui, il fait des erreurs, mais quand ça arrive, il n'affiche pas un langage corporel négatif. Il deviendra un très bon joueur. »

Jones renverse également les dirigeants par sa capacité d'adaptation. C'est qu'il est droitier, mais son partenaire depuis quelques matchs, Shea Weber, est aussi droitier. Et c'est Jones qui doit jouer à gauche.

« Un joueur qui joue de son côté naturel depuis longtemps est moins enclin à un changement, explique Trotz. C'était plus facile de le demander à un jeune. Tu dois prendre des décisions plus rapides, les angles changent aussi. »

En sept matchs, Jones compte trois points, dont un but, et affiche un différentiel nul. Évidemment, le fait de jouer avec un éternel candidat au trophée Norris comme Weber l'aide à bien paraître. Mais il ne fait pas que surfer sur les succès de son partenaire, si bien que Poile, également DG de l'équipe américaine pour les Jeux de Sotchi, le mentionne du bout des lèvres comme un candidat.

« On en a parlé dans nos conférences téléphoniques et il est dans la lutte, Alex (Galchenyuk) aussi. Est-ce que le moment de faire une place à ces jeunes? On a un très bel avenir avec Jones, Alex, (Jacob) Trouba, (John) Gibson… On a 20 matchs à jouer avant de prendre une décision. Mais si Seth continue à jouer 20-25 minutes avec succès, il sera pris en considération. Il aurait mon vote! »

L'avenir est aujourd'hui

Un fait demeure : l'avenir des Predators n'avait pas aussi bien paru depuis longtemps. C'est qu'en plus de Jones, la saison 2013-2014 est aussi la première de Filip Forsberg, le 11e joueur repêché en 2012, qui aurait pu être parmi les cinq premiers selon certains.

Les Predators, rappelons-le, l'avaient obtenu en échange de Martin Erat, dans une transaction qui pourrait être catastrophique pour les Capitals de Washington.

« C'est maintenant du passé, mais ce n'était pas une période facile, rappelle Poile au sujet de la dernière saison. Erat était un de nos meilleurs joueurs depuis plusieurs années, j'ai longtemps tenté de lui faire changer d'idée. Ce n'était pas agréable comme période. La récompense a été Jones et Forsberg. J'imagine que c'est bien, mais je veux plus revivre ça, j'aimerais mieux qu'on participe aux séries. »

Après avoir raté les deux premiers matchs de la saison, Forsberg compte un but et une aide en cinq matchs.

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