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La paralysie du gouvernement américain a été bénéfique pour les chaînes d'info

19/10/2013 10:06 EDT | Actualisé 19/12/2013 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - La fermeture partielle du gouvernement fédéral américain a nui à la réputation des politiciens de Washington, mais s'est avérée profitable pour les réseaux d'information câblés, en plus d'apprendre à certains journalistes les nouveaux avantages de la communication instantanée.

CNN, Fox News et MSNBC ont vu leur audimat grimper pendant les 16 jours de cette fermeture partielle, atteignant plus de cinq millions téléspectateurs, mercredi soir, lorsque le Congrès a adopté un projet de loi visant à rouvrir les institutions gouvernementales.

«C'était un drame», a déclaré la journaliste de CNN affectée au Congrès, Dana Bash, qui a passé plusieurs heures en ondes en compagnie de Kelly O'Donnell, de NBC News, et de Mike Emanuel, de Fox News. «Du moment qu'il y a un drame, les gens sont intéressés.»

MSNBC, qui a tiré de l'arrière dans les cotes d'écoute dans cette année suivant les élections, a vu son audimat en heures de grande écoute bondir de 35 pour cent depuis le début du mois jusqu'à mercredi, comparativement aux neuf premiers mois de l'année, a indiqué la firme Nielsen.

Fox, qui a décidé de ne pas participer à cet article, a enregistré des gains de 9 pour cent pendant la même période, bien que le réseau ait profité d'un changement à sa grille horaire en heures de grande écoute ce mois-ci. Le réseau CNN a quant à lui progressé de 11 pour cent.

Les réseaux d'information ont ressorti leurs artifices visuels en matière de couverture de machinations politiques, y compris des horloges où s'égrenaient les secondes rapprochant les États-Unis de leur limite d'endettement maximale.

Cette affaire a entraîné une perte radicale d'heures de sommeil: Mme O'Donnell, qui a travaillé pour MSNBC, CNBC et NBC News, était à son bureau passé trois heures du matin lors de la première nuit de la fermeture partielle, avant de revenir en ondes pour l'émission «Morning Joe» à six heures.

La couverture médiatique a compté plusieurs points forts, particulièrement lorsque les journalistes ne s'en sont pas remis à leurs clichés, comme le fait de donner les gagnants et les perdants d'un événement qui n'a pas rendu beaucoup de gens fiers, affirme Jane Hall, professeure de journaliste à l'American University.

«Les médias ont certainement donné une voix aux Américains dégoûtés par cette histoire, et il y a eu plusieurs bons reportages à propos de l'impact de la fermeture partielle sur les fonctionnaires fédéraux», dit-elle.

Les réseaux sociaux ont beaucoup aidé, mentionne Mme O'Donnell. Elle était en mesure de discuter avec des gens situés à l'extérieur du cocon du Capitole grâce à Twitter et aux courriels, et elle a utilisé plusieurs questions soulevées par le public dans ses reportages. Elle s'est entre autres fait demander de quelle façon la fermeture affecterait les prestations sociales ou le salaire des employés fédéraux. NBC a utilisé le mot-clic «dearcongress» (cher Congrès) sur Twitter pour encourager la multiplication des questions.

Par le passé, Mme Bash devait souvent négocier avec ses producteurs pour obtenir du temps hors d'ondes pour effectuer des reportages. Dans ce cas-ci, ce n'était pas vraiment nécessaire: ses sources lui envoyaient des messages Twitter ou lui faisaient suivre des informations par courriel. Lorsque le président Barack Obama a prononcé un discours à la nation, jeudi, la journaliste a obtenu des réactions de plusieurs républicains quelques minutes après la fin de l'allocution.

Lorsque les républicains et les démocrates refusaient de s'adresser la parole, Mme Bash a constaté qu'ils discutaient en passant par elle.

Bien que les journalistes de la télévision aiment particulièrement être à l'antenne, ce plaisir commençait à s'étioler vers la fin de la paralysie gouvernementale.

«Il y a toujours de l'adrénaline pour couvrir un sujet important, dit Mme Bash. Mais à un certain moment, vous voulez que votre gouvernement fonctionne un peu mieux, et ce peu importe ce que vous faites comme travail.»

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