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Manif contre le gaz de schiste au N.-B.: Peter MacKay lance un appel au calme

18/10/2013 01:15 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST

HALIFAX - Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a réclamé vendredi la fin des confrontations et la reprise des discussions afin de résoudre le conflit sur l'exploitation des gaz de schiste dans l'est du Nouveau-Brunswick.

M. MacKay a été informé vendredi des manifestations qui ont eu lieu la veille, près de Rexton.

La Gendarmerie Royale du Canada (GRC) a alors arrêté au moins 40 personnes lors de manifestations durant lesquelles six véhicules de police ont été incendiés et des cocktails Molotov auraient été lancés sur les policiers.

«De toute évidence, il est nécessaire de respecter la loi, d'éviter la violence et de reprendre le dialogue», a-t-il affirmé à l'occasion d'une table ronde sur des enjeux relatifs à la justice à Halifax.

«C'est ce que nous encourageons et espérons, mais lorsque la violence éclate, il faut s'attendre à ce que la police ramène la paix et protège les citoyens.»

La police a fait respecter une injonction de la cour jeudi matin puisque le blocus visant à empêcher l'exploration des gaz de schiste dans l'est du Nouveau-Brunswick n'était plus sécuritaire, a soutenu vendredi le commandant divisionnaire de la GRC de la province.

Le commissaire adjoint, Roger Brown, a souligné que les agents de la GRC craignaient que des vies puissent être en danger, ce qui explique l'intervention de ses agents.

M. Brown a confirmé que six véhicules de police, dont un véhicule banalisé, avaient été brûlés.

Il a ajouté que sur 40 personnes arrêtées, 31 personnes avaient été relâchées sous promesse de comparaître. Les agents ont saisi des armes, dont des fusils, des explosifs et des couteaux.

Ces troubles sont survenus alors que les forces de l'ordre tentaient de faire respecter une injonction décrétée plus tôt ce mois-ci pour mettre fin aux manifestations visant à empêcher l'entreprise gazière SWN Resources d'effectuer des tests sismiques dans la région.

Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient plusieurs membres de la Première Nation Elsipogtog, se tenaient près de Rexton, sur la route 134, à proximité de l'entrepôt où se trouve l'équipement d'exploration de la compagnie.

Dans un communiqué publié vendredi, la compagnie SWN Resources a rappelé qu'elle était dans les premières étapes de l'exploration au Nouveau-Brunswick.

«Nos employés se soucient de la sécurité des gens et de l'environnement, ainsi que du respect complet de toutes les réglementations», dit le communiqué.

Des manifestations ont eu lieu ailleurs au Canada, notamment à Montréal, Winnipeg et dans des communautés autochtones du sud de l'Ontario, en soutien à la communauté d'Elsipogtog.

À Perth-Andover, dans l'ouest du Nouveau-Brunswick, une dizaine de membres de la Première Nation de Tobique ont bloqué la circulation sur l'autoroute Transcanadienne durant plusieurs heures, avant de se retirer vers 20 h, a rapporté le maire, Peter Ritchie.

Robert Levi, conseiller membre de la Première Nation Elsipogtog, a dit s'attendre à une rencontre vendredi, à Fredericton, entre le premier ministre néo-brunswickois David Alward et le chef de la nation Elsipogotg, Arren Sock.

MM. Levi et Sock font partie des personnes arrêtées jeudi.

Le premier ministre Alward a affirmé qu'il souhaitait aussi une issue pacifique au conflit, ajoutant qu'il croyait toujours que l'industrie des gaz de schiste pouvait être développée de manière sécuritaire et durable.

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