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Libre-échange Canada-UE : enthousiasme et méfiance

18/10/2013 11:18 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST

L'entente de principe sur un Accord économique et commercial global, conclue vendredi entre le Canada et les 28 pays membres de l'Union européenne (UE), fait des heureux, mais aussi des mécontents.

Parmi les voix qui se prononcent pour cette entente figure celle du Conseil du patronat du Québec, qui salue avec enthousiasme la conclusion de l'accord Canada-UE. Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, fait d'ailleurs partie de la délégation de hauts fonctionnaires et de représentants du milieu des affaires qui accompagne le premier ministre à Bruxelles pour officialiser la signature de l'accord.

Cet accord de libre-échange avec le Canada est le premier signé par l'UE avec un pays du G8 et, selon le Conseil du patronat, l'accord procurera un avantage unique au Québec « puisque seules les entreprises canadiennes auront un accès privilégié au marché européen ». Le Conseil du patronat du Québec rappelle que l'Union européenne est le deuxième partenaire commercial en importance du Québec.

Voici les secteurs industriels du Québec qui bénéficieront des retombées de l'accord, selon le Conseil du patronat du Québec:

  • aérospatial;
  • agroalimentaire;
  • fabrication de pièces et de composantes automobiles;
  • production de métal léger;
  • conception d'équipement de transport;
  • technologies de l'information;
  • fabrication de logiciels;
  • domaine de l'électronique, l'industrie du multimédia, le domaine de l'optique et de la photonique;
  • télécommunications,
  • foresterie;
  • services administratifs;
  • ingénierie.

La Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) accueille aussi favorablement l'accord. La Fédération canadienne des entreprises indépendantes espère que l'accord Canada-UE amoindrira les difficultés suivantes pour ses 109 000 membres:

  • fluctuation de la valeur du dollar canadien;
  • coûts liés à la vente ou à l'achat de produits et services étrangers;
  • tarifs et droits de douane élevés;
  • variation des règles et des normes entre les pays.La Fédération canadienne des entreprises indépendantes

Jeudi, des producteurs bovins de l'Ouest canadien se sont dits heureux de voir s'ouvrir à eux de nouveaux marchés, mais des fabricants de fromages fins du Québec ont expliqué qu'ils craignent de ne pas pouvoir affronter la concurrence des producteurs de France, notamment, qui reçoivent une généreuse aide de l'État et dont les normes sanitaires sont plus permissives que celles en vigueur de ce côté-ci de l'Atlantique.

Méfiance en France

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur de la France, estime que l'accord Canada-UE pourra s'avérer bénéfique pour les entreprises françaises. La ministre française espère notamment que l'accord protégera la propriété intellectuelle en matière de brevets pharmaceutiques. Toutefois, Nicole Bricq se dit préoccupée des conséquences de l'accord sur l'élevage européen de boeuf et de porc qui connaît « une grave crise en France et en Europe », affirme la ministre française par voie de communiqué.

En juillet, l'Union européenne et les États-Unis ont engagé des négociations en vue d'en arriver à un accord de libre-échange. 

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