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L'Arabie saoudite refuse son siège au Conseil de sécurité de l'ONU

18/10/2013 09:15 EDT | Actualisé 18/12/2013 05:12 EST
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RIYAD, Arabie saoudite - L'Arabie saoudite a rejetté vendredi le siège auquel elle avait été élue, la veille, au Conseil de sécurité des Nations unies, affirmant que l'organisme est incapable de résoudre des conflits comme la guerre civile syrienne.

Le mois dernier, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saud al-Faisal, avait refusé de s'adresser à l'Assemblée générale des Nations unies.

Le mécontentement saoudien découle de la frustration croissante de Riyad envers les États-Unis, leurs alliés de longue date. Les deux partenaires se querellent dans plusieurs dossiers, notamment la gestion américaine des crises en Égypte et en Syrie. Les relations entre les États-Unis et l'Iran, l'ennemi juré de l'Arabie saoudite, semblent aussi devoir prendre du mieux depuis l'élection du nouveau président Hassan Rouhani.

Dans un communiqué repris vendredi par l'agence de presse saoudienne, le ministère des Affaires étrangères affirme que le Conseil de sécurité ne s'est pas acquitté de ses responsabilités envers la Syrie.

Il ajoute que cela a permis au régime du président syrien Bachar el-Assad de poursuivre le massacre de son peuple, notamment par le biais d'armes chimiques, sans la moindre conséquence. Le régime syrien nie avoir eu recours à des armes chimiques pendant la guerre civile.

«Permettre au régime au pouvoir en Syrie de tuer son propre peuple et de le brûler avec des armes chimiques aux yeux du monde, sans dissuasion et sans punition, est une démonstration claire de l'incapacité du Conseil de sécurité de s'acquitter de ses responsabilités», peut-on lire dans le communiqué.

L'Arabie saoudite, qui appuie les insurgés syriens, a fréquemment critiqué la communauté internationale pour son manque de détermination à mettre fin à un conflit qui, selon l'ONU, a déjà fait plus de 100 000 morts.

Riyad déplore aussi que Washington ait renoncé à lancer des frappes punitives contre la Syrie après que Damas ait accepté de se soumettre à des inspections par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et par l'ONU.

La Russie s'est dite «étonnée» et «stupéfaite par les raisons fournies par le royaume pour expliquer sa décision» — surtout après l'adoption d'une résolution exigeant la destruction de l'arsenal chimique syrien.

Des efforts diplomatiques semblent toutefois être en cours pour amener l'Arabie saoudite à changer d'avis. L'ambassadeur adjoint du Royaume-Uni à l'ONU, Peter Wilson, a déclaré aux journalistes que son équipe examine le communiqué des Saoudiens et discute avec eux «pour comprendre un peu mieux ce qu'il y a derrière tout ça».

Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a dit avoir pris connaissance des informations véhiculées par les médias concernant la décision saoudienne, «mais j'aimerais vous mettre en garde en vous précisant que je n'ai encore reçu aucune information officielle à ce sujet».

La décision saoudienne semble sans précédent. Un porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky, a indiqué que des dirigeants onusiens épluchent l'histoire du Conseil de sécurité pour déterminer si c'est la première fois qu'un pays rejette le siège qui lui est offert.

Les sièges au Conseil de sécurité sont hautement convoités puisqu'ils donnent aux membres une voix forte en ce qui touche les questions internationales de paix et de sécurité — comme la Corée du Nord et la guerre civile en Syrie.

Le Conseil de sécurité est composé de cinq membres permanents — les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — et de 10 membres non-permanents élus pour des mandats de deux ans.