NOUVELLES

États-Unis : accord et bataille budgétaire à venir

17/10/2013 07:27 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST

C'est le retour au travail aujourd'hui pour des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux aux États-Unis qui ont été au chômage technique pendant les 16 jours de l'impasse budgétaire, réglée temporairement par une loi votée à la dernière minute mercredi.

Ceux-ci seront payés rétroactivement et au moins jusqu'au 15 janvier, date à laquelle l'État fédéral est financé, selon les termes du compromis provisoire négocié par les dirigeants républicains et démocrates du Sénat, qui prévoit aussi le relèvement du plafond de la dette.

Les deux camps ont quelques semaines pour réconcilier leurs positions budgétaires. Une commission d'élus de la Chambre des représentants et du Sénat doit être convoquée pour élaborer d'ici le 13 décembre les contours d'un budget pour le reste de l'année 2014.

Les élus américains se sont aussi entendus sur le plafond de la dette, qui devait être atteint jeudi. La limite légale d'emprunt de l'État fédéral a été repoussée jusqu'au 7 février, permettant aux États-Unis d'éviter un éventuel défaut de paiement.

Le président américain Barack Obama a mentionné jeudi qu'il n'y avait « aucun gagnant » à l'issue de la crise politique sur le budget et la dette. « Les dysfonctionnements politiques encouragent nos ennemis et affaiblissent nos amis », a-t-il déclaré lors d'une intervention depuis la Maison-Blanche.

Soulagement, mais toujours des craintes

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a souligné le caractère temporaire de l'entente. Elle a ajouté dans un communiqué mercredi qu'il était « essentiel de réduire l'incertitude entourant la conduite de la politique budgétaire en relevant le plafond de la dette d'une manière plus durable ».

De son côté, Pékin, dont les immenses réserves de devises sont majoritairement en dollars américains, a « salué les avancées aux États-Unis » précisant que « la résolution appropriée de ce problème profite non seulement aux propres intérêts [des États-Unis], mais également à la stabilité et au développement de l'économie mondiale ».

Malgré tout, l'agence de notation financière chinoise Dagong a décidé de réduire d'un cran la note de la dette souveraine des États-Unis, de A à A-, assortie d'une perspective négative. « La situation de base qui voit le gonflement de sa dette dépasser la croissance de ses revenus reste inchangée », a observé l'agence chinoise.

Une croissance plus limitée

La Réserve fédérale, la Fed, a quant à elle précisé mercredi que l'économie américaine avait poursuivi son expansion de façon « modeste à modérée » de septembre au début d'octobre.

« J'ai de plus en plus le sentiment que la raison pour laquelle notre économie ne peut passer à la vitesse supérieure est due à l'incertitude créée par Washington », a déclaré l'économiste en chez de Moody's Analytics, Mark Zandi.

L'agence de notation Standard and Poor's estime d'ailleurs que la paralysie de l'État fédéral retranchera 0,6 point de pourcentage à la croissance économique américaine au quatrième trimestre, soit l'équivalent de 24 milliards de dollars de richesse produite en moins.

« On a une crise après l'autre et cela a des effets destructeurs sur l'économie », déplore l'analyste Greg Valliere de chez Potomac Research Group. « Dans cet environnement, comment faire des projets quand on est une entreprise », se demande-t-il.

PLUS:rc