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Quatre Chiliens reconnus coupables du meurtre d'un gai qui a mené à une loi

17/10/2013 07:09 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST

SANTIAGO, Chili - Quatre Chiliens ont été reconnus coupables de meurtre prémédité, jeudi, pour avoir battu à mort un homme gai et gravé des croix gammées sur son corps.

Le massacre de Daniel Zamudio a provoqué un débat national sur les crimes haineux, qui a mené le Congrès chilien à adopter une loi contre la discrimination.

La mère de M. Zamudio sanglotait alors que le juge lisait le verdict de culpabilité. Les accusés sont restés immobiles et fixaient le plancher.

Le juge Juan Carlos Urrutia a déclaré que Patricio Ahumada Garay, Alejandro Angulo Tapia, Raul Lopez Fuentes et Fabian Mora Mora étaient coupables d'un crime d'une «extrême cruauté» et d'un «total manque de respect pour la vie humaine».

Les agresseurs ont brûlé la victime avec des cigarettes, l'ont battue avec des bouteilles de verre et lui ont cassé la jambe droite avec une pierre avant de l'abandonner dans un parc de la capitale chilienne, le 3 mars 2012.

Leur peine sera annoncée le 28 octobre. Les procureurs demandent des peines d'emprisonnement allant de huit ans à la prison à vie.

«Nous sommes satisfaits du verdict. Il y a un "avant" et un "après" l'affaire Zamudio», a affirmé Rolando Jimenez, président du Mouvement de libération et d'intégration des homosexuels.

«La brutalité, la haine de ce cas a provoqué un tollé qui a contribué à éveiller les consciences», a-t-il observé. «Nous avons remarqué un changement de culture qui a finalement mené à la création d'une loi antidiscrimination.»

Cette loi a été bloquée au Congrès chilien durant sept ans, mais le président Sebastian Piñera en a fait une priorité après le meurtre de Daniel Zamudio. Adoptée l'an dernier, elle permet aux citoyens d'intenter des poursuites judiciaires pour discrimination et prévoit des peines spécifiques pour les crimes haineux.

Daniel Zamudio, vendeur dans une boutique de vêtements, était le second de quatre frères. Il espérait étudier le théâtre.

«Rien ne peut effacer la souffrance énorme des parents de Daniel», a affirmé la porte-parole du président Piñera, Cecilia Perez. «Mais il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui, un peu de tranquillité a finalement enveloppé leur coeur. C'est la tranquillité qui vient avec la justice.»

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