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Service correctionnel du Canada avoue manquer de ressources pour les cas de maladie mentale

17/10/2013 09:09 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST
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prisoner locked in handcuffs in ...

Le Commissaire du Service correctionnel du Canada a admis à l'enquête du coroner sur la mort d'Ashley Smith en prison qu'il existe toujours, six ans plus tard, des lacunes en matière de maladie mentale dans le système carcéral, mais qu'il n'y avait pas d'argent pour y remédier.

Don Head a fait cet aveu, mercredi, à la barre des témoins. Les audiences se poursuivent jeudi.

Ashley Smith s'est asphyxiée au pénitencier Grand Valley de Kitchener en octobre 2007. Elle avait 19 ans.

Don Head a reconnu que les pénitenciers n'étaient pas bien équipés en matière de soins aux prisonniers qui souffrent de troubles mentaux, et ce, malgré de nombreuses recommandations passées à ce sujet.

Il a cité notamment le manque de ressources financières pour expliquer la situation.

M. Head a assuré, toutefois, que des progrès avaient été réalisés en six ans. Il a souligné par exemple qu'il existait maintenant des équipes interdisciplinaires pour soigner les prisonniers en détresse. Par ailleurs, les communications entre pénitenciers ont été améliorées, selon lui, et les gardiens y sont plus nombreux et mieux formés.

Isolement

Le Commissaire du Service correctionnel du Canada a concédé que la pratique d'isoler seuls dans leur cellule les prisonniers réfractaires, comme ce fut le cas pour Ashley Smith, n'était pas une solution idéale.

« Les pénitenciers demeurent les seuls lieux où on peut placer ces personnes en toute sécurité, a-t-il affirmé, mais leur confinement solitaire n'est pas salutaire à long terme, ce sont les pires endroits qui soient. »

Don Head a reconnu par ailleurs que des consignes n'ont pas été respectées dans le cas d'Ashley Smith, mais il a refusé de dire si ces manquements ont mené à la mort de la prisonnière. Il a admis, néanmoins, que l'institution Grand Valley n'aurait pas dû empêcher les gardiens de communiquer avec la jeune femme pour la dissuader de se nouer la nuque avec des lanières de tissu.

Des agents correctionnels ont témoigné qu'ils avaient reçu l'ordre à l'époque de ne plus entrer dans sa cellule tant qu'elle respirait encore. « Nous ne comprenions pas qu'elle souffrait d'un problème de santé mentale », a affirmé M. Head.

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