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La pollution de l'air cause le cancer, selon un rapport d'une agence de l'OMS

17/10/2013 07:49 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST

LYON, France - Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a déclaré jeudi que la pollution atmosphérique faisait partie des agents cancérigènes, au même titre que l'amiante, le tabac et le rayonnement ultraviolet.

Cette conclusion a été annoncée après consultation auprès d'un comité d'experts mis sur pied par le CIRC, une agence de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dont le siège social se trouve à Lyon, en France.

«L'air respiré par la majorité des gens est maintenant pollué par un mélange complexe de substances qui causent le cancer», a dit Kurt Straif, le directeur du département du CIRC qui évalue les produits cancérogènes. Il a ajouté que l'agence considére dorénavant que la pollution est «le plus important agent cancérogène environnemental», devançant la fumée secondaire et la fumée de cigare.

Le CIRC avait déjà jugé que certaines des composantes de la pollution de l'air étaient cancérogènes, mais c'est la première fois qu'il classe la pollution de l'air dans son intégralité comme une cause de cancer.

Le groupe de chercheurs affirme que le risque pour l'individu est faible mais pratiquement inévitable du fait que tout le monde sur la planète est exposé à la pollution extérieure. Les sources de pollution atmosphérique sont aussi multiples et incluent les moyens de transport, les centrales énergétiques et les émissions industrielles et agricoles.

La pollution atmosphérique est un mélange complexe de gaz et de matières particulaires, et le CIRC a prévenu qu'une des principales menaces est celle posée par les particules fines qui peuvent se déposer au plus profond des poumons.

«Ce sont des choses difficiles à éviter pour un individu», a dit M. Straif.

Le fait que tous soient exposés à ce type de pollution pourrait inciter les gouvernements et d'autres organismes à adopter des contrôles plus stricts. M. Straif a rappelé que l'OMS et la Commission européenne sont à réévaluer leurs limites recommandées de pollution atmosphérique.

Il avait précédemment été déterminé que la pollution contribuait à augmenter les risques de maladies cardiaques et respiratoires.

Le comité a pris sa décision après avoir épluché plus de 1000 études scientifiques et conclu que des preuves suffisantes existent pour affirmer que la pollution atmosphérique cause le cancer du poumon.

Le CIRC a recensé, à travers le monde en 2010, plus de 220 000 décès par cancer du poumon attribués à la pollution de l'air. L'agence a aussi noté un lien avec un risque légèrement plus élevé de cancer de la vessie.

D'autres experts ont souligné que si le risque associé à la pollution demeure très faible pour l'individu moyen, il est aussi essentiellement inévitable.

«On peut choisir de ne pas boire ou de ne pas fumer, mais on ne peut pas contrôler notre exposition à la pollution atmosphérique, a dit Francesca Dominici, de l'Université Harvard. On ne peut simplement pas décider de ne plus respirer.»

Elle a ensuite indiqué que les scientifiques tentent toujours de déterminer quelles composantes de la pollution de l'air sont les plus nocives.

«Le niveau de pollution ambiante est nettement plus faible aux États-Unis qu'il l'était auparavant, a-t-elle dit. Et pourtant, on voit toujours des signes de cancer et de malformations congénitales. La question est donc: comment allons-nous nettoyer encore davantage l'air?»

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