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Grève au Courrier international en raison d'un plan de licenciements

17/10/2013 06:05 EDT | Actualisé 17/12/2013 05:12 EST
Courrier international

Courrier International (groupe Le Monde), qui présente une sélection de la presse internationale traduite en français, n'a pas paru jeudi en raison d'une grève de sa rédaction qui s'oppose à un plan de licenciements.

Ce plan présenté le 10 octobre aux syndicats prévoit la suppression de 22 postes (équivalents temps plein) sur 79, conséquence de la perte d'un très gros contrat avec la Commission européenne.

La Commission européenne, pour des raisons budgétaires, a décidé d'arrêter son site d'information en dix langues presseurop.eu, dont Courrier international était devenu l'opérateur principal après avoir remporté un appel d'offres pour 5 ans en 2009.

Ce marché représentait pour l'hebdomadaire 2,5 millions d'euros de recettes, sur son chiffre d'affaires annuel d'environ 30 millions, a expliqué le président du groupe Antoine Laporte.

Il a indiqué que le titre reste "en équilibre positif" et que le plan "doit nous permettre d'assurer notre développement face à un marché qui se dégrade et de continuer d'investir dans le print et le digital".

Courrier International diffuse à 182 000 exemplaires dont 120 000 abonnés (en hausse) alors que les ventes au numéro, qui représentent un tiers des recettes, sont en baisse de 17% et que les abonnements numériques atteignent 7 000, en hausse de 40% en un an.

Il y a un an l'hebdomadaire avait augmenté son prix de vente de 20 centimes, à 3,70 EUR (5,20 $CAN) .

Dans une tribune publiée jeudi par Libération, les écrivains français Dan Franck et Gérard Mordillat et le britannique John Berger ont estimé que Courrier international est un titre "indispensable" pour "quiconque veut lire l'actualité hors des frontières étroites des publications hexagonales".

Le plan de licenciements "ne paraît justifiée en rien, ni sur le plan journalistique ni sur le plan économique, sinon par l'opportunité de réussir une opération financière", estiment-ils.

La rédaction de l'hebdomadaire a entamé une grève mardi, empêchant sa parution jeudi pour la première fois depuis sa création en 1988.