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Discours du Trône : Québec dénonce l'ingérence d'Ottawa

17/10/2013 01:17 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, a vivement réagi au discours du Trône prononcé mercredi à Ottawa.

Il estime que « le gouvernement s'entête et persiste dans des décisions qui sont nuisibles pour le Québec ».

Au premier chef, le ministre Cloutier dénonce le fait qu'Ottawa n'a pas bougé sur l'entente sur la formation de la main-d'œuvre. « Il n'y aura pas de subvention canadienne à l'emploi au Québec. Ottawa va frapper un mur. Nous avons une entente qui fonctionne bien, une entente de 116 millions qui s'adresse aux personnes les plus vulnérables. », affirme le ministre, qui reproche aussi au gouvernement de vouloir mettre fin à la Commission des valeurs mobilières.

« Ils veulent en créer une dans la région de Toronto. On souhaite effriter petit à petit le secteur financier dans la région de Montréal, et cela, c'est hautement préoccupant », ajoute le ministre.

Sur le dossier du pont Champlain, Québec reproche à Ottawa de chercher l'argent dans les poches des Québécois en voulant imposer un péage. « On reste muet sur la hauteur de la contribution à la construction du pont. » 

La pomme de discorde Lac-Mégantic

La facture de la tragédie ferroviaire à Lac-Mégantic est toujours une pomme de discorde entre les deux capitales. Québec attend qu'Ottawa éponge une partie de la facture.

Jusqu'à présent, Québec a assumé toutes les dépenses jusqu'à un total de 45 millions, affirme le ministre Cloutier.

Le gouvernement fédéral offre une enveloppe de 60 millions divisée en deux parties : 25 millions pour la sécurité publique et 35 millions pour le développement économique, mais Québec estime que les critères sont trop serrés et voudrait une enveloppe globale en retour de factures.

« Les projets d'entente (du gouvernement fédéral) sont d'une lourdeur administrative qui rendent leur application tellement complexe qu'on a dû les revoir », a plaidé M. Cloutier qui ajoute que l'engagement de 60 millions $ est « nettement insuffisant ». Il reproche à son homologue fédéral, le ministre Denis Lebel, de refuser s'engager au-delà de ce montant.

Le gouvernement Marois soumettra vendredi un nouveau projet d'entente au fédéral pour partager la facture de la décontamination. 

Québec craint d'éponger seul les coûts de la catastrophe, comme cela avait été le cas lors de la crise du verglas en 1998, et presse donc Ottawa de convenir d'une date limite pour les négociations.

Par ailleurs, le ministre estime qu'Ottawa aurait dû prendre l'exemple de Washington, qui s'est engagé à revoir les règles de sécurité du transport ferroviaire pour 2014, plutôt que d'attendre les conclusions de l'enquête du Bureau de la sécurité des transports.

Il se réjouit du fait que le fédéral exigera des transporteurs ferroviaires des couvertures d'assurance suffisantes pour leurs activités, mais à son avis, cela ne disculpe pas Ottawa de ses responsabilités. 

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