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Harper exige la seule présence des caméras; un seul réseau répond à l'appel (VIDÉO)

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OTTAWA - Stephen Harper exigeait que seules les caméras soient présentes mercredi matin alors qu'il livrait un discours à son caucus. Déjà échaudés par les tentatives récentes du bureau du premier ministre de contrôler l'accès de la presse, les journalistes de la Tribune de la presse parlementaire ont refusé d'envoyer dans la salle des caméras sans journalistes.

Informé de la prise de position des journalistes, le bureau du premier ministre n'a jamais ouvert les portes de la salle où étaient réunis députés et sénateurs conservateurs pour entendre M. Harper. On a cependant ouvert une porte de côté pour que s'y faufilent un caméraman et un preneur de son du réseau Sun News, seul média prêt à se plier aux exigences de M. Harper.

Le premier ministre s'est alors rabattu sur Twitter pour envoyer son discours, une phrase à la fois.

Ce discours se voulait un préambule au discours du Trône qui devait être lu en fin de journée par le gouverneur général, au Sénat.

Le directeur des communications de M. Harper, Jason MacDonald, n'a pas expliqué à La Presse Canadienne pourquoi les journalistes n'étaient pas les bienvenus à cet événement. Mais mardi soir, un de ses adjoints, Carl Vallée, a été très clair dans un courriel à une journaliste du Devoir.

«Les règles du jeu n'ont pas été respectées la dernière fois, ils ne sont donc plus les bienvenus», écrivait M. Vallée en parlant des journalistes.

«La dernière fois» à laquelle fait référence M. Vallée, c'était en mai dernier. Le scandale des dépenses du sénateur Mike Duffy et de la tentative du chef de cabinet de M. Harper, Nigel Wright, de rembourser lui-même 90 000 $ de ces dépenses, battait son plein.

À la fin du discours en mai, quelques journalistes avaient demandé à M. Harper de commenter ce scandale. M. Harper n'avait pas répondu à leurs questions.

«Décider de refuser l'accès, c'est d'empêcher les reporters de faire leur travail correctement», a commenté Daniel Thibaut, président de la Tribune de la presse parlementaire, alors que caméramans, photographes et journalistes remballaient caméras, micros et carnets de notes et quittaient l'édifice parlementaire.

L'incident a inspiré le Parti conservateur qui, en après-midi, envoyait un courriel à ses militants.

«Vous ne croirez pas ce que la Tribune de la presse vient de faire à Ottawa», s'est exclamé Fred DeLorey, directeur du parti, au début du message.

«Au lieu d'envoyer des caméras pour couvrir le discours du premier ministre, ils (les médias) ont assisté à la rencontre du NPD, où ils ont été accueillis par des vivats et des applaudissements. Nous savions que la couverture serait injuste — mais cette fois, l'élite médiatique d'Ottawa bat un record de bassesse», a lancé M. DeLorey.

Il a terminé son message en renvoyant ses lecteurs à un site Web où le parti affiche l'enregistrement vidéo du discours de mercredi matin.

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