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Rapport sur la légionellose : les familles des victimes envisagent toujours un recours

16/10/2013 09:03 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

L'avocat qui représente les familles des victimes de la légionellose à Québec accueille favorablement le rapport de la coroner Rudel-Tessier sur l'épidémie qui a fait 14 morts à Québec à l'été 2012.

Me Jean-Pierre Ménard envisage toujours un éventuel recours au nom des victimes et le rapport de la coroner était une étape attendue avant de poursuivre la démarche judiciaire.

Me Ménard rappelle qu'il reste toutefois du travail à compléter avant d'officialiser une poursuite.

« Nous ce qu'on voulait savoir c'est qu'est-ce qui s'est passé, qui a décidé de quoi et comment? Après ça, c'est à nous d'analyser l'ensemble des responsabilités dans un processus juridique. Le rapport du coroner nous apporte un éclairage qui est important, par contre c'est pas une condition sine qua non. On ne fait pas un recours basé sur une enquête du coroner », précise-t-il.

Même si le rôle de la coroner ne n'est pas de cibler un responsable précis de l'épidémie, Me Jean-Pierre Ménard croit que ses conclusions sont claires sur plusieurs points.

« Quand la crise est arrivée en 2012, c'était prévisible et on n'était pas préparé du tout. C'est ce qui a généré une perte de temps importante et c'est ce que la coroner dit de façon explicite dans le rapport », dit Me Ménard.

Recommandations de la coroner

Dans son rapport de 35 pages dont Radio-Canada a obtenu copie, la coroner formule12 recommandations et montre du doigt le ministère de la Santé et la Régie du bâtiment du Québec pour ne pas avoir donné suite à des recommandations formulées à la suite d'une première éclosion de la maladie à Québec en 1996.

Me Rudel-Tessier écorche également la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui est propriétaire de la tour de refroidissement de l'édifice du complexe Place-Jacques-Cartier, d'où provenait la légionellose pour s'être fiée à l'entrepreneur qui assurait l'entretien de ses équipements de climatisation.

La CSQ n'a pas senti l'urgence d'agir, malgré l'avis émis par la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale (DRSP) à tous les propriétaires de tours pour qu'ils procèdent à un nettoyage exceptionnel.

La coroner n'émet toutefois aucune recommandation directe à la Direction régionale de la santé publique à la suite de l'ampleur prise par l'épidémie. Même s'il avait formulé des reproches à la DRSP lors de l'enquête publique, Me Ménard comprend que la coroner n'ait pas étudié cette piste.

« Le rapport porte moins sur la gestion de la crise elle-même que sur ce qu'il l'a précédée. Mais les autorités publiques de façon générale ont une responsabilité et ça, c'est bien, bien clair », dit-il.

Les familles des victimes doivent réagir officiellement au rapport, mercredi matin, à Québec.

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