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L'expulsion par la France d'une élève «rom» vers le Kosovo suscite l'indignation

16/10/2013 05:37 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

MITROVICA, Kosovo - Leonarda Dibrani, âgée de 15 ans, terminait une sortie scolaire lorsque la police française l'a mise en détention à la sortie de l'autobus, devant ses camarades de classe, avant qu'elle ne soit envoyée au Kosovo en raison du rejet de la demande d'asile de sa famille, des «Roms».

L'incident, survenu plus tôt ce mois-ci mais qui a été mis au jour cette semaine, a suscité l'ire de groupes d'immigrants et d'autres organisations qui soutiennent que la police est allée trop loin en humiliant publiquement l'adolescente.

Cela indispose aussi le gouvernement socialiste du président François Hollande, qui a tenté de représenter une France plus accueillante pour se distancier du prédécesseur Nicolas Sarkozy, reconnu pour ses politiques d'immigration serrées.

Une enquête sur le traitement réservé à l'adolescente a été ouverte.

Pour ce qui est de la jeune fille, elle dit vouloir avant tout «revenir en France et oublier tout ce qui s'est passé».

La famille Dibrani — les parents et les six enfants — se trouve désormais dans une maison de Mitrovica, dans le nord du pays.

La famille Dibrani avait quitté le Kosovo — l'une des régions les plus pauvres d'Europe — il y a environ cinq ans. Ils sont Roms, et étaient victimes de discrimination, a soutenu le militant français Jean-Jacques Boy, qui travaille auprès de familles immigrantes dans le département du Doubs, dans l'est de la France, où cette famille résidait.

Le ministère français de l'Intérieur a fait valoir que la famille avait refusé à maintes reprises de partir et que par conséquent, la police avait détenu le père et l'avait expulsé au Kosovo le 8 octobre. Le lendemain, la police gardait en détention la mère et cinq de ses enfants, mais Leonarda Dibrani était partie en voyage scolaire.

La police a rejoint l'autobus scolaire à la fin du voyage le jour même.

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a ordonné la tenue d'une enquête sur la manière avec laquelle la jeune fille a été prise en charge par la police. Il a affirmé que si des violations étaient démontrées, la famille serait ramenée en France et leur cause serait étudiée plus en profondeur.

Selon ce qu'a dit le père, Reshat Dibrani, ses enfants ignorent encore que la demande d'asile a été refusée et que la famille n'est plus la bienvenue en France.

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