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Discours du Trône : économie, libre-échange et droits des consommateurs

16/10/2013 04:55 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

C'est un discours du Trône axé sur les thèmes traditionnels du gouvernement Harper qu'a prononcé le gouverneur général David Johnston.

En plus de l'emploi, de la croissance économique et de la lutte contre la criminalité, il y a tout de même des ajouts: la protection des consommateurs et l'annonce d'une entente imminente de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne.

Un texte de Martin Bégin

Le discours d'une heure a présenté une série de mesures que le gouvernement Harper veut déposer d'ici les prochaines élections. Par exemple, afin d'assurer la « protection des intérêts des consommateurs canadiens », les conservateurs entendent prendre des mesures pour éliminer ou réduire l'écart des prix des produits au Canada par rapport aux États-Unis.

Ils veulent aussi ordonner l'abolition des frais exigés par plusieurs entreprises pour envoyer des relevés papier. Le gouvernement a aussi dans sa mire la réduction des frais d'itinérance de téléphonie cellulaire au Canada.

L'économie au centre des priorités

Les questions économiques occupent une place de choix dans le plan de match du gouvernement. Celui-ci fait miroiter un accord économique global avec l'Union européenne, qui pourrait selon le discours du trône créer 80 000 emplois au pays.

En fin de journée, le Bureau du premier ministre a annoncé que Stephen Harper se rendra à Bruxelles dès jeudi pour sceller la conclusion d'une entente. Il pourrait toutefois s'agir d'un accord de principe et certaines questions pourraient demeurer en suspens.

Une nouveauté, par ailleurs: le gouvernement Harper entend déposer un projet de loi qui exigera des budgets équilibrés après l'atteinte du déficit zéro en 2015. Il répète aussi son intention de supprimer les obstacles commerciaux entre les provinces. Parmi les autres mesures annoncées, on note une déclaration des droits des victimes et des politiques pour contrer la cyberintimidation. En matière d'environnement, le gouvernement entend enchâsser dans la loi le principe du pollueur-payeur.

Des mesures timides après la tragédie de Lac-Mégantic

Avant la présentation du discours, les parlementaires et les dignitaires ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic. La feuille de route que présente le gouvernement offre toutefois peu de détails sur ce qui sera fait en ce qui concerne le transport de marchandises par train, sinon des mesures ciblées pour le rendre plus sécuritaire. Le fédéral entend néanmoins exiger que les compagnies ferroviaires contractent une assurance additionnelle afin de pouvoir répondre de leurs actes en cas d'accident.

À deux ans des élections

Le gouvernement conservateur, qui est à mi-mandat, espère avec de telles mesures, remettre les compteurs à zéro après les controverses des derniers mois comme le scandale des dépenses au Sénat. Une question qui n'a d'ailleurs été traitée que brièvement, à la toute fin du discours du Trône. Selon le gouvernement, la Chambre haute devra soit subir une réforme, soit être abolie. Les conservateurs attendront toutefois que la Cour suprême se soit prononcée sur les pouvoirs d'Ottawa en la matière avant d'agir.

L'opposition peu impressionnée

Sans surprise, les partis d'oppositions se disent déçus. Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair note que le gouvernement n'annonce aucune mesure pour plafonner les taux d'intérêt des cartes de crédit, ni pour limiter les frais de transaction exigés par les banques et les institutions financières. Selon lui, « les conservateurs veulent corriger beaucoup des choses, mais plusieurs problèmes qu'ils ont eux-mêmes créés vont demeurer ». Le chef libéral Justin Trudeau est quant à lui sceptique face aux négociations économiques avec l'Europe: « Je suis en faveur de plus de libre-échange, mais le bilan du gouvernement en matière de commerce international n'est pas très fort ».

Le Bloc québécois se désole qu'aucune aide financière n'ait été annoncée pour Lac-Mégantic. « Le fossé s'élargit entre les intérêts du Québec et ceux du Canada », estime le chef Daniel Paillé.

Le ministre conservateur Denis Lebel, en entrevue à Radio-Canada, a défendu les choix de son gouvernement: « Le discours du Trône nous permet de préciser nos priorités, créer de l'emploi, protéger les familles, que le Canada soit au coeur de toutes nos réflexions ». L'opposition risque cependant de ramener à l'avant-plan les thèmes qui lui tiennent à coeur, comme les dépenses des sénateurs, lors de première journée aux Communes, jeudi.

La table est donc mise en vue des débats des prochains mois et éventuellement du prochain scrutin: Il doit se tenir dans deux ans, presque jour pour jour, soit le 19 octobre 2015.

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