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Commission Charbonneau: le Fonds contre-interrogé sur sa proximité avec la FTQ

16/10/2013 11:43 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Devant la Commission Charbonneau mercredi, les avocats représentant les associations patronales de la construction ont cherché à démontrer que le Fonds de solidarité de la FTQ avait conservé une trop grande proximité avec la FTQ, malgré des critiques à ce sujet.

L'avocat de l'Association de la construction du Québec, Me Pierre Hamel, notamment, a rappelé que le rapport de la commission d'enquête sur les dépassements de coûts de l'usine de Papiers Gaspésia, en 2005, avait déjà relevé une trop grande proximité entre le Fonds et la FTQ. Le procureur a voulu savoir quels correctifs le Fonds avait apportés depuis la publication de ce rapport.

Le témoin Gaétan Morin, premier vice-président au développement corporatif et aux investissements au Fonds de solidarité de la FTQ, n'a pas répondu directement à la question. Il a admis qu'il n'avait pas lu le rapport, d'abord, et a expliqué que le rôle du Fonds de solidarité dans l'usine Gaspésia en avait été un d'investisseur et non d'«opérateur».

«C'est votre réponse? lui a demandé Me Hamel. Il n'y a rien qui a été fait en termes d'actes posés pour mettre une muraille de Chine entre les activités syndicales et les activités du Fonds?»

M. Morin n'a pas répondu directement au sujet de la proximité entre le Fonds et la FTQ, mais a soutenu que chacun agissait dans son domaine d'activité. «Le Fonds est confié à des investisseurs et on fait notre métier d'investisseur. Le métier d'affaires syndicales, on laisse ça à la FTQ et on laisse ça aux autres syndicats. Chacun son métier», a-t-il dit.

À son tour, le procureur de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, Me Denis Houle, a souligné au témoin que le Fonds de solidarité avait beaucoup investi dans les entreprises de construction de Tony Accurso dans le passé.

En lui montrant un graphique illustrant la toile des nombreuses entreprises de M. Accurso, le procureur lui a demandé: «Quand vous évaluez comme telle une entreprise, évaluez-vous le holding ou une des 60 entreprises? Considérez-vous le tableau général?»

M. Morin a répondu que «le test (d'admissibilité) est fait dans l'entité dans laquelle on investit» et non dans l'ensemble du holding dans lequel un entrepreneur a des intérêts. Et il a ajouté que 80 pour cent des entreprises partenaires du Fonds avaient moins de 100 employés, donc qu'il était loin de favoriser les grandes entreprises.

À la suggestion de Me Houle, le témoin s'est dit «tout à fait d'accord» avec le fait que le Fonds de solidarité «ne devrait pas toucher» à des entreprises infiltrées par des Hells Angels, même si celles-ci sont au départ légitimes.

Dans le cadre de son témoignage, M. Morin a expliqué comment le Fonds de solidarité avait resserré ses règles de gouvernance et modifié son fonctionnement, au fil des ans. Il a aussi indiqué que le Fonds de solidarité était moins engagé qu'il y a quelques années dans des entreprises de construction.

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