POLITIQUE

Accord en vue pour un traité de libre-échange Canada-Union européenne

16/10/2013 03:21 EDT | Actualisé 16/12/2013 05:12 EST
Radio-Canada

OTTAWA - Le Canada et l'Union européenne sont sur le point de conclure leurs négociations sur un traité de libre-échange, amorcées en mai 2009, a annoncé mercredi le premier ministre canadien Stephen Harper.

"Nous allons bientôt terminer les négociations sur un accord commercial et économique avec l'Union européenne", a déclaré M. Harper aux élus de son parti, quelques heures avant la reprise des travaux du Parlement.

Les deux parties sont parvenues à s'entendre en principe sur les exportations de fromage européen au Canada, éliminant l'un des derniers obstacles à la conclusion d'un accord global, ont indiqué des sources gouvernementales canadiennes.

Cette entente de principe doit maintenant être soumise aux gouvernements de chacune des 10 provinces du Canada en vue de sa ratification finale.

La question des produits laitiers était l'un des contentieux qui restaient à régler, tout comme l'ouverture du marché européen au boeuf canadien, avait indiqué il y a deux semaines le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, en visite au Canada.

"Les négociations avec l'Union européenne se poursuivent", a déclaré à l'AFP Rudy Husny, porte-parole du ministre canadien du Commerce Ed Fast.

"Les discussions se poursuivent au plus haut niveau entre l'Union européenne et le Canada en vue de parvenir à un accord global de libre-échange, avec l'espoir que les négociations puissent être conclues dans les prochains jours", a confié de son côté John Clancy, porte-parole du commissaire européen chargé du Commerce.

Mercredi, l'association des producteurs laitiers du Canada s'est prononcée contre un accord qui permettrait à l'UE de vendre plus de fromage au Canada, affirmant qu'elle bénéficiait déjà d'un quota très généreux.

"Cet accord remplacerait nos produits locaux par des fromages subventionnés de l'Union européenne et risquerait d'entraîner la fermeture de nos petites entreprises ou de nous chasser du marché. Cela est inacceptable", a souligné le groupement.

Le porte-parole du ministre canadien du Commerce a cependant réaffirmé l'engagement du gouvernement fédéral à protéger les secteurs agricoles régis selon le système de la gestion de l'offre.

"Notre gouvernement a été clair. Les trois piliers de notre système intérieur doivent rester intacts: le contrôle de la production, le contrôle des importations et celui des prix", a-t-il dit.

Le chef de la première opposition à Ottawa, Thomas Mulcair, du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) a cependant dit craindre que Stephen Harper ne soit en train de laisser tomber les producteurs laitiers canadiens et lui a demandé de rendre public le texte de l'accord.

En 2011, le commerce entre le Canada et l'Union européenne s'est élevé à 116,4 milliards de dollars canadiens (environ 86 milliards d'euros), faisant de l'UE le deuxième partenaire commercial du Canada, loin derrière les Etats-Unis.

Un accord transatlantique permettrait aux sociétés canadiennes d'accéder à un marché de 500 millions de consommateurs. A l'inverse, le Canada éliminerait ses barrières tarifaires sur 98% de ses importations en provenance de l'UE.

Un accord avec le Canada pourrait servir de base à l'UE dans les négociations qu'elle a engagées en juillet avec les Etats-Unis visant à créer la plus grande zone de libre-échange au monde.

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