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Les combats se poursuivent en Syrie, malgré la fête de l'Aïd

15/10/2013 10:48 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Un des directeurs généraux de Médecins sans frontières a réclamé mardi un meilleur accès humanitaire aux Syriens qui souffrent de la guerre civile dans leur pays, avant de demander à la communauté internationale de faire preuve d'autant d'empressement à les aider qu'elle en a témoigné pour démanteler l'arsenal chimique de la Syrie.

Le conflit syrien s'est transformé en crise humanitaire gigantesque, faisant plus de 100 000 morts et chassant plus de sept millions de personnes de chez elles. Le pays est maintenant divisé en sections contrôlées par le gouvernement et par l'insurrection, ce qui rend complexe et dangereux l'acheminement d'aide à ceux qui en ont besoin.

«Vous avez une guerre d'ampleur industrielle, mais la réponse humanitaire se fait à très petite échelle, a dit Christopher Stokes, un des directeurs généraux de MSF. On reconnaît qu'une plus grande intervention humanitaire est nécessaire pour sauver des vies, mais en même temps, il n'y a pas de mobilisation.»

Le Conseil de sécurité des Nations unies a récemment réclamé un accès immédiat à toutes les zones du pays pour permettre la livraison d'une aide humanitaire, y compris à travers les lignes du conflit. Les organisations caritatives continuent malgré tout à peiner à rejoindre ceux dans le besoin.

M. Stokes a dit que les organisations humanitaires entendent depuis longtemps qu'il est impossible d'obtenir un accès complet à toutes les régions touchées par les combats, et qu'un camp blâme toujours l'autre pour l'impasse.

Mais un récent accord qui accorde aux inspecteurs internationaux un accès libre à tous les sites d'armes chimiques en Syrie «démontre qu'il est possible, si la volonté politique internationale est présente, d'accorder un accès et une liberté de mouvement aux agences caritatives pour pénétrer dans ces zones», a dit M. Stokes.

«Des cesser-le-feu pourraient être organisés comme cela a été le fait pour les inspecteurs internationaux d'armes chimiques, ils pourraient être organisés pour des convois médicaux», a-t-il estimé.

Médecins sans frontières dit gérer actuellement six hôpitaux de campagne dans les zones rebelles, et appuyer 70 établissements médicaux dans les zone disputées, contrôlées par le gouvernement ou contrôlées par l'insurrection.

Le gouvernement syrien n'a pas autorisé le groupe à oeuvrer au pays, ce qui l'oblige à intervenir clandestinement — une méthode dangereuse qui, selon M. Stokes, est de plus en plus difficile.

Dans le passé, il fallait quelques jours pour que médicaments et équipements rejoignent les cliniques, alors qu'il faut maintenant des semaines. «Il y a de plus en plus de points de contrôle, et c'est plus difficile de faire entrer des fournitures», a-t-il dit.

Pendant ce temps, les combats se sont poursuivis mardi en Syrie, en dépit du début de la fête musulmane de l'Aïd.

Dans le passé, les factions en présence dans cette guerre civile avaient à tout le moins tenté d'observer un cesser-le-feu à l'occasion des principales fêtes religieuses.

Des roquettes et des mortiers artisanaux tirés par les rebelles sont tombés sur trois quartiers de Damas mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

L'agence de presse syrienne SANA rapporte qu'un obus de mortier est tombé sur une maison, provoquant un incendie et faisant quatre blessés.

Deux églises chrétiennes ont été endommagées par des explosions à Yabroud, dans le nord du pays. Ces attentats n'ont pas été revendiqués.

L'aviation militaire syrienne a bombardé le village de Latamneh, dans la province de Hama, dans le nord du pays. Trois enfants auraient été tués et plusieurs autres personnes blessées, selon l'Observatoire.

Le régime aurait aussi frappé le district du Ghouta-Oriental, près de Damas, et la ville de Daraa, dans le sud du pays.

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