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Impasse budgétaire aux É.-U.: le vote sur le plan républicain est annulé

15/10/2013 05:10 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Alors que les heures s'égrènnent, les leaders du sénat ont dû prendre le relais pour tenter de dénouer l'impasse, de permettre aux États-Unis d'éviter un défaut de paiement et de mettre fin à la paralysie partielle du gouvernement.

Plus tôt en soirée, les chefs républicains de la Chambre des représentants avaient décidé de ne pas tenter de faire adopter leur projet de loi, étant trop peu sûrs de l'appui d'un assez grand nombre d'élus de leur propre parti.

L'agence de notation new-yorkaise Fitch a ajouté de la pression en indiquant qu'elle envisageait de déclasser la note de crédit du gouvernement américain, actuellement de AAA. Fitch, qui est l'une des trois principales agences des États-Unis, a prévenu que «la partie de poker politique et le manque de flexibilité financière pourraient accroître le risque d'un défaut de paiement» du pays.

Devant l'impasse à la Chambre des représentants, les leaders des deux parties au Sénat ont poursuivi leurs efforts pour dénouer la crise. Des employés du démocrate Harry Read et du républicain Mitch McConnell, ont fait preuve d'un optimisme revigoré que les deux hommes pourront trouver un compromis acceptable pour les deux chambres d'ici, au plus tard, mercredi.

Il n'y avait aucune indication sur le contenu d'une possible entente mais tout semblait se mettre en place lundi avant que le président de la chambre des représentants, le républicain John Boehner ne décide de tenter sa chance.

Il semblerait que le compromis envisagé redonnera au Trésor l'autorité nécessaire pour continuer d'emprunter jusqu'au début de février et permettra aux services gouvernementaux de reprendre leurs activités jusqu'à la mi-janvier. En échange, des représentants seront nommés afin de trouver un plan pour réduire à long terme la lourde dette nationale tandis que les agences fédérales auraient la latitude nécessaire afin de s'occuper des répercussions de la réduction des dépenses qui entrera en vigueur vers le 15 janvier.

Après l'échec du leadership conservateur, un nombre suffisant de représentants républicains seraient prêts à voter avec leurs collègues démocrates en faveur d'un projet bipartisan si celui-ci est approuvé par le Sénat.

Le projet des républicains de la Chambre des représentants prévoyait que le gouvernement aurait suffisamment de fonds pour reprendre ses activités jusqu'au 15 décembre, et que le Trésor américain pourrait emprunter jusqu'au 7 février 2014.

On y mentionnait également que les membres du Congrès, le président, le vice-président et des milliers d'assistants au Congrès ne seraient plus admissibles aux prestations de soins de santé de leur employeur — le gouvernement américain. Le porte-parole de John Boehner, Michael Steel, avait indiqué que le projet de loi mettrait «fin aux subventions de l'Obamacare pour les représentants élus et le personnel de Washington, tout en faisant pression sur les démocrates du Sénat pour qu'ils acceptent des échéanciers plus adéquats» pour la réouverture du gouvernement et la capacité d'emprunt du Trésor.

Dans une rare attaque personnelle, Harry Reid s'en est pris à M. Boehner, en affirmant que le président de la chambre des représentant «a tenté, une fois de plus, de protéger son rôle aux dépens du pays.»

Deux mesures concernant la loi sur la réforme de la santé du président Barack Obama — qui avaient suscité des objections —, en avaient été rayées. Les démocrates percevaient ces mesures comme des concessions du camp républicain.

Plus tôt, mardi, la présidente de la minorité démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi, s'était dite «optimiste» quant aux chances de conclure une entente autorisant le relèvement du plafond de la dette des États-Unis.

La sénatrice démocrate du Maryland, Barbara Mikulski avait quant à elle rappelé que les États-Unis se retrouveraient en défaut de paiement d'ici moins de 48 heures si aucun accord n'était conclu.

Le secrétaire au Trésor, Jacob Lew, avait déjà prévenu qu'après le 17 octobre, le pays ne pourrait plus emprunter et que le seul moyen d'honorer les paiements du gouvernement serait de puiser dans les réserves disponibles et ses recettes fiscales.

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