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Droits des autochtones:le rapporteur de l'ONU appelle à une commission d'enquête

15/10/2013 04:10 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

OTTAWA - Le gouvernement fédéral doit créer une commission d'enquête nationale sur le troublant phénomène des femmes autochtones disparues ou assassinées au pays, a plaidé mardi le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des populations autochtones.

James Anaya a mis fin à un séjour de neuf jours au Canada, mardi, au cours desquels il a visité plusieurs communautés autochtones et discuté avec des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux.

Et bien que les gouvernements des provinces se soient engagés à adopter une série de mesures concernant ces femmes disparues, ce n'est pas suffisant, a lancé M. Anaya lors d'un point de presse à Ottawa.

Il a souligné que la perte de confiance des communautés autochtones à l'égard de ces démarches était largement répandue au pays.

«Je suis d'accord avec l'idée d'une commission d'enquête nationale, qui offrirait une démarche coordonnée et permettrait aux proches de ces femmes d'être entendus et permettrait de démontrer une sensibilité face aux inquiétudes soulevées par les familles et les communautés touchées par cette épidémie», a déclaré M. Anaya.

Plusieurs groupes autochtones et certaines provinces ont fait pression pour qu'une telle commission d'enquête soit tenue à l'échelle nationale. L'Association des femmes autochtones du Canada estime qu'environ 600 femmes autochtones auraient disparu ou été assassinées au cours des vingt dernières années.

Or, le gouvernement fédéral a toujours refusé de créer cette commission.

M. Anaya, qui est aussi professeur de droit à l'université de l'Arizona, a reconnu que d'importants progrès avaient été réalisés dans le dossier depuis le dépôt du rapport à ce sujet par son prédécesseur, en 2004. Les défis demeurent toutefois nombreux, a-t-il ajouté.

L'écart financier entre les ménages autochtones et non-autochtones n'a pas reculé, les traités et revendications territoriales demeurent irrésolus et «le manque de confiance des communautés autochtones à l'égard du gouvernement semble persister tant à l'échelle fédérale que provinciale».

M. Anaya a aussi souligné que le dossier de l'éducation pourrait être rapidement réglé si les fonds attribués aux leaders autochtones étaient les mêmes que ceux injectés dans les systèmes d'éducation des provinces. Il a également prévenu le gouvernement fédéral que son projet de loi sur l'éducation au sein des communautés autochtones suscitait un vif désaccord, pressant Ottawa de consulter les populations concernées et de réécrire le projet de loi à la lumière de ces échanges.

La question de l'hébergement demeure tout aussi épineuse, a poursuivi le rapporteur spécial de l'ONU.

«J'appelle le gouvernement à aborder la situation de l'hébergement des réserves autochtones et communautés inuits avec l'urgence qu'elle commande», a-t-il indiqué.

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