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Des centaines de morts dans les prisons nigérianes, affirme Amnesty

15/10/2013 09:36 EDT | Actualisé 15/12/2013 05:12 EST

LAGOS, Nigeria - Des centaines de personnes détenues par l'armée nigériane sont en danger de mort, a prévenu mardi Amnesty International, au moment où les forces de l'ordre tentent de réprimer un soulèvement islamiste dans le nord-est du pays.

Certains des détenus ont été carrément abattus, d'autres souffrent de la faim et d'autres sont suffoqués.

Plus de 950 personnes détenues par l'armée ont perdu la vie depuis le début de l'année, a ajouté l'organisation humanitaire londonienne. Si les chiffres fournis par un officier militaire sont exacts, cela voudrait dire que l'armée a tué plus de civils que les insurgés pendant la première moitié de 2013.

Amnesty International a réclamé la tenue d'une enquête de toute urgence. Les forces de sécurité nigérianes sont toutefois connues pour leurs exécutions sommaires, affirment des témoins et des organismes de défense des droits de la personne.

Deux représentants militaires n'ont pas immédiatement répondu à des demandes de commentaires.

Un dossier de l'Associated Press publié en août détaillait la disparition de centaines de personnes depuis que le gouvernement nigérian a imposé un état d'urgence, le 14 mai, dans trois États du nord-est du pays. L'AP rapportait que des centaines de personnes avaient été arrêtées, parfois de manière entièrement arbitraire, lors de perquisitions nocturnes.

Un militant nigérian des droits de l'homme croient que des milliers de personnes sont détenues.

Certains détenus «ont apparemment été blessés par balle à la jambe pendant leur interrogatoire, privés de tout soins médicaux et abandonnés pour mourir au bout de leur sang», peut-on lire dans le rapport d'Amnesty.

Amnesty International affirme que tous ceux qui ont été tués avaient été arrêtés en raison de liens présumés avec le groupe islamiste Boko Haram, qui a revendiqué des attaques qui ont fait des centaines de morts depuis le début de l'année. Le groupe veut transformer le Nigeria en république islamique.

Boko Haram commet sa part de crimes, abattants des écoliers, des travailleurs de la santé, des représentants gouvernementaux, des pasteurs chrétiens et des religieux musulmans modérés. En 2009, les forces de l'ordre ont attaqué et détruit le quartier-général du groupe dans la ville de Maiduguri. Le leader de la secte, Mohammed Youssouf, est mort entre les mains de la police.

Amnesty International précise que la majorité des morts qu'elle a pu documenter sont survenues dans la salle de garde de la Loge présidentielle; dans un centre de détention de la ville de Damatru; et à la base militaire de Giwa, à Maiduguri.

«Les détails de ce qui se déroule derrière portes closes dans ces centres de détention nébuleux doivent être dénoncés, et ceux qui sont responsables d'atteintes aux droits de la personne doivent répondre de leurs gestes», a dit la directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique, Lucy Freeman.

Le document d'Amnesty International cite un haut-gradé de l'armée, qui déclare: «Des centaines de personnes ont été tuées dans les centres de détention, soit en les abattant, soit en les étouffant. Des gens sont entassés dans une seule cellule. Il arrive parfois que des gens soient emmenés quotidiennement et tués.»

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