NOUVELLES

Les États-Unis ont quatre jours pour rassurer le monde sur leur dette

14/10/2013 10:17 EDT | Actualisé 14/12/2013 05:12 EST
AP
FILE - In this Tuesday, Oct. 1, 2013, file photo, dark clouds pass over the Capitol in Washington. Political chaos from legislative gridlock, the government shutdown and an increasing fear of a default on its debts have deepened global unease that Washington is distracted from world affairs and scrambling to solve its domestic crises. (AP Photo/Susan Walsh, File)

Le monde avait lundi les yeux rivés sur Washington où il restait quatre jours au président Barack Obama et aux élus du Congrès pour forger un compromis budgétaire et écarter la menace du premier défaut de paiement de l'histoire des Etats-Unis.

A l'approche de cette échéance, les marchés gardaient un calme relatif, les trois principales places européennes (Londres, Paris et Francfort) étant quasiment stables. Wall Street suivait également les moindres développements politiques: après une envolée jeudi dernier due à une percée dans les négociations, la Bourse de New York a ouvert en baisse lundi.

Au-delà de jeudi, le Trésor américain a prévenu qu'il ne pourrait plus emprunter et qu'il risquait de ne plus pouvoir assurer tous ses paiements. Une loi d'une page, votée par le Congrès, suffirait à relever ce que les Américains appellent le "plafond de la dette".

Une impasse serait "un coup de tonnerre sur les marchés", a averti lundi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

"Si on devait avoir (...) un accident sur la dette américaine, ce serait, comme l'a dit le FMI (Fonds monétaire international, ndlr), un coup de tonnerre sur les marchés financiers, des turbulences mondiales extrêmement violentes et profondes", a dit M. Noyer, dans un entretien au quotidien Le Figaro.

Le sort du dollar, monnaie de réserve mondiale, et celui des bons du Trésor, placements réputés les plus sûrs de la planète, dépendent des discussions entre quelques hommes du Congrès, et plus particulièrement du Sénat, où des négociations pour l'instant infructueuses ont commencé samedi entre républicains et démocrates.

Tous conviennent qu'un défaut de paiement serait catastrophique. Mais les républicains veulent profiter de l'échéance pour engager des réformes budgétaires, en particulier du système de retraite (Social Security) et des programmes d'assurance maladie publics pour les plus de 65 ans et les plus démunis (dont Medicare et Medicaid). Ces programmes consomment 43% du budget fédéral.

Barack Obama refuse de négocier "avec un pistolet sur la tempe" et accuse ses adversaires d'irresponsabilité.

Les républicains rétorquent que c'est grâce à une stratégie identique que l'ancien président démocrate Bill Clinton, puis Barack Obama lui-même en 2011, durent accepter des compromis budgétaires.

"Nos discussions ont été substantielles et nous allons poursuivre ces discussions", a déclaré dimanche le sénateur démocrate Harry Reid, désigné négociateur en chef de son camp.

Les élus tentent de résoudre deux problèmes en même temps: relever la limite de la dette, et adopter une loi de finances pour rouvrir les agences fédérales partiellement fermées depuis le 1er octobre, à cause de différends budgétaires.

Le point de blocage était le montant des dépenses pour 2014, le chiffre républicain étant beaucoup plus bas que celui des démocrates.

Risque de récession

Pourquoi le Sénat a-t-il soudain pris l'initiative? Les sénateurs républicains seraient consternés par le dialogue de sourds de leurs collègues de la Chambre des représentants, qui ne sont pas parvenus à un accord avec Barack Obama la semaine dernière malgré l'ouverture formelle de discussions.

Mais, dans tous les cas, la Chambre devra se prononcer sur un compromis sénatorial.

Le plafond de la dette est une "ligne de crédit" maximale donnée depuis 1917 par le Congrès à l'exécutif, qui ne peut en aucun cas la dépasser. Mais l'Etat fédéral fonctionne avec des déficits (3,9% du PIB en 2013) et est obligé de continuer à emprunter pour renouveler sa dette et financer ses dépenses, que ce soit la rémunération des bons du Trésor ou les pensions de retraite.

Nul ne sait la date exacte à laquelle le Trésor ne pourra plus assurer tous ses paiements. Elle pourrait intervenir n'importe quand après le 17 octobre, en fonction des variations quotidiennes de trésorerie. Une estimation du Bureau du budget du Congrès (CBO) place la date "X" entre les 22 et 31 octobre.

Un défaut, même partiel, de la première économie mondiale créerait un chaos international aux conséquences difficiles à prédire.

De la Chine à l'Europe, des dirigeants consternés observent avec inquiétude le bras de fer américain.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a estimé dimanche que les répercussions dépasseraient celles de la crise financière de 2008, lors d'un entretien sur la chaîne américaine NBC.

L'OCDE prévoit de son côté que les pays développés pourraient replonger en récession en 2014.

INOLTRE SU HUFFPOST

Le shutdown côté LOL