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La police mène un important raid contre des travailleurs migrants à Moscou

14/10/2013 02:03 EDT | Actualisé 14/12/2013 05:12 EST

MOSCOU - La police russe a effectué lundi une perquisition contre un entrepôt de légumes ciblé plus tôt par des émeutiers, arrêtant plus de 1000 travailleurs migrants, vérifiant leurs documents et les embarquant dans des camionnettes à des fins d'enquête pour de potentielles activités criminelles.

Cette opération survient 24 heures après que des manifestants, mis en colère par l'assassinat au couteau d'un Russe, aient pénétré dans un marché couvert et se soient précipités vers l'entrepôt, où ils croyaient que le présumé tueur travaillait. Ils y ont lancé des bouteilles et des déchets, fracassé des fenêtres et renversé des voitures. La police a arrêté des centaines d'émeutiers.

Les personnes qui travaillaient dans cet entrepôt de Biryulyovo, un quartier populaire en banlieue sud de Moscou, ont été escortées à l'extérieur par la police. Des dizaines de personnes se sont rassemblées au marché voisin pour appuyer les émeutiers, déversant leur fiel contre les migrants provenant de la région à majorité musulmane du Caucase, et qui sont accusés par plusieurs Russes de faire augmenter le taux de criminalité, en plus de «voler» des emplois convoités.

Les tensions entre les Russes de souche et les natifs du Caucause sont présentes depuis longtemps, mais les affrontements se sont multipliés au cours des dernières années.

Les immigrants du Caucase travaillent dans plusieurs marchés et entrepôts autour de la capitale, mais s'ils sont originaires du même pays, ils doivent malgré tout s'enregistrer pour vivre à Moscou, et sont fréquemment victimes de discrimination.

Andreï Galiakberov, porte-parole de la police moscovite, a décrit l'arrestation massive de quelque 1200 personnes comme faisant partie d'un «raid préventif», et a souligné que certains détenus faisaient l'objet d'une enquête concernant d'éventuels liens criminels. La police a également fait savoir qu'elle avait découvert une voiture remplie d'argent et des armes sans permis.

Il n'y avait aucune trace, à Biryulyovo, des melons d'eau écrasés et des voitures renversées de la nuit précédente, mais les portes en vitre défoncées du marché étaient toujours fermées.

La plupart des habitants du coin disent soutenir les émeutiers, qui ont affirmé pouvoir mieux protéger le voisinage que ne le fait la police.

Le parlementaire nationaliste Vladimir Zhirinovsky est arrivé sur les lieux, qualifiant le meurtre de «provocation délibérée du peuple russe». Mais si plusieurs étaient éberlués de son apparition, la foule demeurait sceptique.

Plusieurs Russes accusent la police et les politiciens d'encourager l'arrivée des travailleurs migrants, une source de travail à faible coût et d'argent au noir, versé par les travailleurs et les employeurs pour éviter la police du service de l'immigration.

Des centaines d'émeutiers présumés arrêtés dimanche, la police n'en a gardé que deux en détention, en plus d'imposer une amende à 70 autres. Des dizaines de policiers ont été blessés, et cinq ont été hospitalisés, ont fait savoir les autorités.

Le passage à tabac filmé d'un policier en civil dans un marché moscovite a déclenché une série d'opérations de sécurité contre les travailleurs migrants de la ville en août dernier.

La police a multiplié les patrouilles dans la capitale, lundi, pour éviter une répétition des émeutes de 2010, lorsque des dizaines de nationalistes et d'amateurs de soccer avaient manifesté contre le meurtre d'un Russe lors d'affrontements entre des amateurs de soccer et des hommes provenant du Caucase.

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