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Le fossile d'un moustique encore gorgé de sang d'il y a 46 millions dannées est découvert

14/10/2013 07:07 EDT | Actualisé 14/12/2013 05:12 EST
AFP

WASHINGTON - Des entomologistes américains ont annoncé lundi la découverte inédite d'un moustique fossilisé avec du sang dans son abdomen, absorbé pour son dernier repas il y a 46 millions d'années.

"C'est le premier fossile d'un moustique encore gorgé de sang jamais mis au jour", a affirmé Dale Greenwalt, un biochimiste retraité travaillant au Musée d'Histoire naturelle de Washington et principal auteur de cette découverte, parue dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

Le fossile le plus ancien de moustique remonte à 95 millions d'années à une époque où les dinosaures, disparus il y a 65 millions d'années, étaient encore sur la planète, mais il ne contenait pas de sang, a précisé M. Greenwalt.

Bien que 14.000 espèces d'insectes se nourrissent de sang, dont des tiques, des puces et des moustiques, il n'y a quasiment pas eu de fossiles découverts témoignant de ce mode d'alimentation dans l'histoire de l'évolution.

Seuls quatre spécimens fossilisés ont été trouvés dans lesquels des parasites de la maladie du sommeil (le trypanosome) et du paludisme (le plasmodium) indiquent que ces insectes se nourrissaient de sang, relèvent les chercheurs.

Mais le moustique provenant d'une couche sédimentaire d'un ancien lac dans la formation géologique Kishenehn, dans le nord-ouest de l'Etat américain du Montana, est le seul à ce jour qui a permis de montrer que l'hémoglobine ou des biomolécules qui en sont dérivées peuvent être préservées dans un fossile.

Une analyse spectrométrique à résonance magnétique nucléaire avec polarisation, qui préserve le moustique, a révélé que son abdomen contenait des teneurs très élevées de fer dont la source était des molécules de porphyrine qui entrent dans la composition du sang.

Ces données confirment l'existence de la préservation de biomolécules complexes dans des fossiles pendant de très longues périodes, soulignent les chercheurs. Ils notent aussi que d'autres grandes molécules plus fragiles comme l'ADN ne survivent généralement pas à la fossilisation.

Cette découverte permet aussi d'étendre l'existence de cette famille d'insecte jusqu'à au moins 46 millions d'années.

Le fossile du moustique contenant du sang a été trouvé dans la collection d'un entomologiste américain datant d'il y a 25 ans et donnée au Musée d'Histoire naturelle de Washington, a expliqué Dale Greenwalt.