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Naufrage près de Lampedusa: le bateau aurait été attaqué en quittant la Libye

13/10/2013 07:33 EDT | Actualisé 13/12/2013 05:12 EST

LA VALLETTE, Malte - Les migrants qui ont été secourus après que leur bateau clandestin eut chaviré, vendredi, au sud de l'île italienne de Lampedusa, affirment avoir été visés par des coups de feu en quittant la côte libyenne.

Un homme originaire de la Syrie a déclaré aux journalistes, dimanche, que le bateau avait été poursuivi par un autre dès son départ de Zwara, en Libye, et que les poursuivants avaient ouvert le feu. L'homme n'a pas voulu révéler son identité par crainte de représailles contre sa famille restée en Syrie.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui cite le récit des migrants, trois personnes ont été blessées par les tirs.

D'après des survivants, la frêle embarcation transportait jusqu'à 400 personnes, dont une majorité de Syriens fuyant la guerre dans leur pays. Le bateau a chaviré à environ 105 kilomètres au sud de Lampedusa, tuant au moins 34 personnes. Quelque 202 migrants ont été secourus et transportés vers l'Italie ou Malte, et les opérations de recherche se poursuivaient dimanche.

On ne sait pas qui a tiré sur le bateau alors qu'il quittait la côte libyenne. Ce récit montre que les réfugiés fuyant les conflits et la répression en Afrique et au Moyen-Orient font face à de nombreux dangers avant même d'atteindre les eaux de la Méditerranée, où des centaines de migrants clandestins ont péri dans des naufrages depuis 10 ans.

Plusieurs migrants se rendent par voie terrestre jusqu'en Libye, où ils paient des passeurs pour les transporter vers les côtes européennes les plus proches, soit Lampedusa, en Italie, ou Malte. La Libye vit une grande instabilité et doit composer avec de violentes milices depuis le renversement du dictateur Mouammar Kadhafi, en 2011.

Un autre survivant du naufrage, Emd Hassan, a déclaré à un journal maltais qu'il avait payé 1000 $ US pour le voyage en bateau à partir de la Libye, mais a indiqué que d'autres réfugiés qui avaient recruté des passeurs à partir de l'Égypte avaient payé de 3000 à 4000 $ US.

Ce diplômé de l'université de Damas, âgé de 38 ans, a expliqué qu'il ne pouvait voyager par les moyens habituels parce qu'il n'a pas de documents de voyage et ne peut en obtenir à cause du conflit en Syrie. «Je n'avais pas d'autre choix», a-t-il affirmé au journal.

Le bateau a quitté la Libye vers minuit. À part les tirs au début, le bateau a cheminé sur une mer calme jusqu'à ce que les conditions climatiques changent et que l'embarcation commence à prendre l'eau vers 4 h du matin, selon M. Hassan.

«C'était horrible. J'avais trois enfants avec moi et je n'arrivais plus à les voir même s'ils étaient juste à côté de moi», a-t-il raconté.

La tragédie est survenue huit jours après qu'au moins 365 personnes, en majorité des Érythréens, eurent péri dans le naufrage de leur embarcation au large de Lampedusa, l'une des pires tragédies impliquant des migrants en Méditerranée.

Malgré les nombreux dangers entourant la traversée périlleuse vers l'Europe, les bateaux clandestins continuent d'affluer. Les autorités ont secouru des centaines d'autres migrants au cours du week-end.

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