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Le Musée consacré à l'histoire de la musique blues sera construit à St-Louis

13/10/2013 08:16 EDT | Actualisé 13/12/2013 05:12 EST

ST-LOUIS, États-Unis - Les grands passionnés de musique, les amateurs occasionnels et les touristes de tous les coins de la planète considèrent Chicago comme le domicile de la musique blues, en grande partie à cause de la Grande migration afro-américaine du sud vers le nord des États-Unis, au début et au milieu du 20e siècle.

Robert Johnson, le parrain de ce style musical, a fameusement interprété «Sweet Home Chicago», et le Festival de blues de Chicago attire, chaque été, plus de 100 000 visiteurs.

Mais l'année prochaine, le Musée national du blues n'établira pas ses pénates à Chicago, mais bien chez une rivale du Mid-Ouest située à quelque 480 km au sud.

La ville de St-Louis est également riche en histoire musicale, font remarquer les responsables du projet, grâce à des héros locaux tels Ike Turner, Albert King et, bien sûr, Chuck Berry.

Cet héritage est d'ailleurs mis en évidence par le nom de l'équipe de la Ligue nationale de hockey, les Blues de St-Louis.

Selon Dave Beardsley, un promoteur musical et organisateur du musée, les racines du blues à St-Louis remontent à très loin, aussi loin, en fait, que 1893 avec W. C. Handy. Il ajoute que Chicago n'est apparu sur la scène que dans les années 50, grâce à Muddy Waters.

«Nos racines vont beaucoup plus loin que bien des gens ne l'imaginent», mentionne-t-il.

Le Musée de St-Louis est né de la passion que partagent M. Beardsley et Mike Kociela, également promoteur de concerts et de festivals. Inspiré par de nombreux voyages au «New Orleans Jazz and Heritage Festival», M. Kociela a fondé le «St. Louis Bluesweek» en 2010 pour rendre hommage aux musiciens de la ville et à l'héritage qu'ils ont laissé.

Pendant que Chicago a tenté, sans succès, d'ériger de semblables temples, le projet mis sur pied à St-Louis, évalué à 14 millions $, a obtenu l'appui d'un promoteur local qui voulait un musée comme point d'ancrage d'un complexe immobilier situé près du Centre des congrès, à quelques rues de la fameuse Arche qui surplombe la ville.

«Il n'existait pas de musée qui relatait toute l'histoire du blues, du premier jour jusqu'à aujourd'hui, a noté M. Kociela. Je savais ce que cela pouvait apporter à notre ville et à notre région. Il s'agit d'une gigantesque attraction touristique internationale.»

MM. Kociela et Beardsley sont allés rencontrer des leaders et des musiciens dans des villes qui pouvaient également accueillir un tel projet — notamment Chicago, Memphis et Clarksdale, au Mississippi — afin d'obtenir du support, et aucune ne s'est objectée, a confié M. Kociela. Pour promouvoir leur projet, ils ont réuni quelques-uns des plus grands noms du blues contemporain : Buddy Guy, Robert Cray, Shemekia Copeland, Derek Trucks et Trombone Shorty.

Les efforts ont porté fruit. Pinnacle Entertainment, qui possède deux casinos en banlieue de St-Louis, a versé 6 millions $ pour ce musée interactif d'une superficie de 2135 mètres carrés, doté de locaux pour dispenser des cours et d'une petite salle de théâtre pour y accueillir des pièces locales et nationales.

Quant au «domicile du blues», Chicago se concentre sur la promotion de concerts et spectacles à l'année longue, plutôt que d'investir dans l'immobilier, a fait savoir Michelle Boone, commissaire du Bureau des affaires culturelles et événements spéciaux de Chicago.

Et la ville ne participe pas non plus aux efforts de derniers recours visant à préserver l'ancienne demeure de Muddy Waters, qui a failli être condamnée avant d'être rachetée par un membre de sa famille lors d'un encan au cours de l'été, au coût de 100 000$.

«Il n'y a aucune discussion à ce sujet en ce moment», a tranché Mme Boone.

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