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L'attention se tourne vers le Sénat; impasse sur le plafond d'endettement

12/10/2013 04:12 EDT | Actualisé 12/12/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Républicains et démocrates du Congrès des États-Unis n'ont pas été en mesure d'effectuer de progrès significatifs pour conclure une entente, samedi, alors que la menace d'un défaut de paiement avancé par le Trésor se faisait de plus en plus présente, et qu'une fermeture partielle du gouvernement fédéral approchait de la fin de sa deuxième semaine.

Les parlementaires des deux partis ont dit attendre les réactions des marchés financiers à l'incertitude politique lors de la réouverture des places boursières après la fin de semaine.

Deux problèmes attirent l'attention: le gouvernement américain est victime d'une fermeture partielle depuis le 1er octobre en raison de l'incapacité du Congrès d'adopter un budget traditionnellement routinier. Par ailleurs, le président américain Barack Obama veut que le Congrès rehausse le plafond d'endettement du pays, un autre dossier habituellement aisément résolu.

La responsabilité de mettre fin à ces deux problèmes est retombée entre les mains du Sénat, samedi, où les leaders participaient à des discussions bilatérales visant à résoudre les deux impasses.

Harry Reid, leader de la majorité démocrate au Sénat, a reconnu qu'il ne s'était encore rien accompli en termes de compromis, bien que d'autres démocrates et lui-même eurent répété qu'il y avait des raisons de se montrer optimiste. De l'autre côté du Capitole, un membre du Tea Party, le représentant républicain John Fleming, a fait savoir qu'il y avait de fortes chances que la date limite de jeudi soit dépassée.

Le comité de politiques du Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, lors d'une réunion à Washington, que les États-Unis devaient «agir immédiatement» pour régler la question de l'impasse budgétaire qui bloque l'approbation d'une législation permettant d'accroître la limite d'emprunt du gouvernement avant la date limite de jeudi prochain qui arrive rapidement.

Lors d'une conférence de presse de clôture, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a souligné l'absolue nécessité que les politiciens de Washington parviennent à un accord sur le relèvement du plafond de la dette avant la date limite de jeudi.

Dans le cas contraire, dit-il, les conséquences économiques pourraient comprendre une hausse des taux d'intérêts, une plus faible croissance économique et une baisse de la confiance des investisseurs. Un tel résultat aurait un «impact désastreux» sur les pays pauvres.

Au Sénat, une rencontre entre M. Reid, le leader républicain Mitch McConnell et deux autres législateurs n'a pas permis de progresser. Plus tard, M. Reid et ses deux principaux lieutenants ont passé plus d'une heure à la Maison-Blanche avec M. Obama et d'importants conseillers, y compris le chef de cabinet Denis McDonough. Les leaders ont quitté sans déclaration et la Maison-Blanche n'a pas offert de résumé de la rencontre.

Les sénateurs démocrates ont rejeté une tentative de compromis menée par la sénatrice républicaine Susan Collins, une modérée, tandis que les républicains ont bloqué une mesure sans condition rédigée par les démocrates pour permettre au Trésor de reprendre les emprunts normaux.

Le résultat du vote du Sénat de samedi était de 53 en faveur contre 45 opposés. Il en manquait sept pour atteindre 60, le nombre minimal requis pour adopter une mesure selon les règles du Sénat.

Républicains et démocrates s'affrontent sur les deux dossiers, mais la situation est également emblématique d'un désaccord perpétuel entre les deux partis sur les dépenses, la fiscalité et les déficits.

Selon le secrétaire au Trésor Jacob Lew, sans rehaussement du plafond de la dette, le gouvernement se trouvera à court de moyens pour emprunter de l'argent, risquant de fait un premier défaut de paiement qui pourrait ébranler l'économie mondiale.

Pour débloquer l'impasse, les républicains réclament des concessions refusées par les démocrates — à moins d'obtenir quelque chose en échange.

M. Fleming avance pour sa part que le président voit la crise actuelle comme un tremplin pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants en 2014.

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