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Greyson et Loubani ont appris à mieux se connaître pendant leur séjour en prison

12/10/2013 04:19 EDT | Actualisé 12/12/2013 05:12 EST
John Greyson/YouTube/Screenshot

TORONTO - Les deux Canadiens détenus pendant sept semaines dans une prison en Égypte affirment avoir réussi à tenir le coup en développant des liens quasi familiaux entre eux et avec leurs dizaines de compagnons de cellule.

John Greyson et Tarek Loubani disent avoir monté un groupe de conversation en anglais, répondu à des questions sur la vie au Canada, et avoir même dessiné des portraits des 36 autres hommes coincés avec eux dans une cellule de trois mètres par 10.

«Voilà vraiment ce qui nous a gardés en vie, en quelque sorte. Trente-huit hommes ensemble qui se tenaient compagnie et demeuraient optimistes», a dit M. Greyson samedi.

Même si les deux Canadiens ont été abandonnés dans ce qu'ils ont eux-mêmes appelé une cellule «avec un petit tapis de baignoire», et dans laquelle chaque espace valable sur le sol de béton était infesté de coquerelles, l'attention et la camaraderie qui régnaient dans la petite pièce les ont empêchés de plonger dans le découragement.

«Lorsque nous avions besoin de pleurer, nous nous laissions aller, et les gens se réconfortaient mutuellement. Il y avait beaucoup d'amour», a-t-il déclaré lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

De son côté, M. Loubani soutient que son camarade d'infortune et lui-même ont tissé des liens très étroits, même s'ils ont eu quelques accrochages sur la manière de s'installer pour dormir sur l'étroit plancher de béton, et même sur la façon dont il préparait leurs maigres repas.

«Nous retirions une grande force chez l'un et l'autre, et chez nos familles... et chez notre famille adoptive» de détenus, a mentionné le médecin originaire de London, en Ontario.

M. Greyson précise avoir discuté régulièrement avec une poignée de détenus qui parlaient un anglais de «niveau secondaire», dont l'un avait même mémorisé l'arbre généalogique complet de M. Greyson, et qui le corrigeait lorsqu'il se trompait sur l'âge de sa soeur.

Toujours selon M. Greyson, tous les prisonniers ont chanté «Joyeux anniversaire» lorsqu'il leur a dit qu'il avait manqué les fêtes de ses deux filles.

«Malgré l'absence de langue commune, il existait un véritable appui.»

MM. Greyson et Loubani ont atterri à l'Aéroport international Pearson de Toronto vendredi soir, mettant fin à un supplice qui a commencé lorsqu'ils ont été arrêtés et battus pendant une manifestation anti-gouvernementale au Caire, à la mi-août.

Une certaine confusion avait prévalu après leur libération, alors qu'un interdit de vol planait toujours sur eux dimanche dernier. Ce dernier obstacle a finalement été levé à la suite de pressions de la part de responsables canadiens.

MM. Greyson et Loubani ont salué les efforts du premier ministre Stephen Harper, du ministre des Affaires étrangères John Baird et des membres des services diplomatiques canadiens pour avoir facilité leur libération, ainsi que les amis, les proches et les supporters qui ont constamment fait pression pour faire avancer les choses.

M. Loubani a aussi remercié son père, qui est parti du Nouveau-Brunswick pour se rendre jusqu'au bureau d'un ministre égyptien pour faire pression en faveur de la libération de son fils.

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