Marché de l'emploi au Québec: les jeunes en situation «avantageuse»

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Un jeune qui veut travailler en ce moment n’aura pas trop de difficulté à le faire. C’est le constat fait par Emploi-Québec. «Si je suis un jeune, il n’y a pas de péril en la demeure, souligne Louis-Philippe Tessier-Parent, économiste à Emploi-Québec. Il y a même matière à réjouissance.»

Les statistiques sont effectivement plutôt encourageantes. Particulièrement touchés par la crise de 2008, les 15-29 ans ont repris du poil de la bête depuis, comme les travailleurs plus âgés. Leur taux de chômage oscillant autour des 11 % est plus élevé que la moyenne québécoise (maintenant sous les 8%), mais, historiquement, il en a toujours été ainsi. «Les jeunes ont toujours peiné davantage. C’est un passage obligé», confirme M. Tessier-Parent.

Ce sont surtout les 15-24 ans qui plombent les données, avec un taux de chômage deux fois plus élevé que les 25-64 ans. Déjà, les 25-29 ans atteignent la moyenne provinciale, ce qui confirme que ce «passage obligé» n’est habituellement pas un long calvaire. Les jeunes de moins de 30 ans sont aujourd’hui loin du sommet de 1996 où le taux de chômage pour la tranche d’âge frisait les 16 %. Selon les prévisions d’Emploi-Québec, plus de la moitié des emplois à combler d’ici 2020 le seront par des jeunes actuellement sur les bancs d’école.

Les jeunes actuellement se retrouvent devant un beau problème. Doivent-ils poursuivre leurs études ou gagner immédiatement un marché du travail «favorable»? «C’est là le piège, résume M. Tessier-Parent. Ça peut être intéressant à court terme de trouver un emploi, mais pas nécessairement à long terme.»

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Les jeunes armés d’un meilleur diplôme trouveront des emplois plus stables et résisteront davantage aux récessions. De plus, la corrélation entre le taux de diplomation et le taux de chômage est directe : 5,1 % chez les détenteurs d’un diplôme universitaire contre 17,8 % pour ceux ayant moins de 9 ans de scolarité. Les jeunes semblent l’avoir compris. La moitié des 20-24 ans sont aux études, un record, alors que ce taux atteignait 30 % en 1990.

Demeurer sur l’assurance-emploi trop longtemps pendant la vingtaine a des effets néfastes pour le restant de sa carrière. Une étude américaine démontre que le rattrapage est difficile : les pénalités sur le salaire peuvent être de l’ordre de 20 % et demeurer pendant 20 ans. Une enquête mondiale de TD a montré que les jeunes chômeurs courraient plus de risques de se retrouver dans la même situation dans l’avenir et que le chômage en début de carrière avait même des répercussions sur le produit intérieur brut. Au Canada, on estime que le phénomène engendre des pertes de 1,3 % sur le PIB.

Les jeunes Français en profitent aussi

Grégoire est arrivé à Montréal il y a un an. Après ses études à Paris, le Français a choisi de mettre le cap sur le Québec. Pour découvrir ce coin du monde, mais aussi pour décrocher un emploi. «À Paris, tout le monde me disait que je ne trouverais rien dans mon domaine [communications], indique le jeune homme de 26 ans. Ici, j’ai trouvé un job qui me permet d’acquérir de l’expérience.»

La récession qui a frappé la planète en 2008 a «épargné» le Québec et le reste du pays. Certes, les taux de chômage ont grimpé, surtout chez les moins de 25 ans, mais dans une mesure bien moindre qu’en Europe, par exemple. En Grèce et en Espagne, les taux de chômage chez les moins de 30 ans ont atteint des sommets historiques, à 58 % et 57 % respectivement.

En France, ce taux a atteint 25 % et plusieurs Français, déjà habitués de franchir l’Atlantique, ont lorgné du côté du Québec pour se trouver du boulot. Bon an, mal an, le Canada accorde 14 000 visas aux Français âgés de 18 à 35 ans. Le site de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, un «générateur d’opportunités» pour les jeunes Québécois et Français, ouvre clairement les portes aux Français désirant décrocher un emploi : «En recherche d’emploi. Augmentez vos chances en passant par la case Québec.»

Plusieurs chômeurs français ont ainsi profité de l’eldorado. Alors qu’on venait surtout au Québec pour étudier auparavant, on y vient maintenant aussi pour travailler. Environ 30 % des détenteurs de visas de travail (d’une durée maximale de 18 mois) parviennent à prolonger leur séjour.

«J’avais déjà un intérêt pour le Québec, soutient Grégoire. Mais le fait que le marché de l’emploi était plus souple que chez moi m’a donné la motivation nécessaire pour faire le saut.» Séduit par son nouveau mode de vie, le Français pourrait bien décider d’allonger son séjour si les astres sont alignés. «Une petite partie de moi est québécoise maintenant. Je me verrais bien faire ma vie ici.»

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Les Français au Canada et au Québec
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