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L'université des commotions

11/10/2013 01:42 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Le documentaire-choc sur la crise des commotions cérébrales qui frappe la NFL fait jaser. Après les porte-couleurs des Alouettes de Montréal, c'est au tour des joueurs universitaires de réagir.

Un texte d'Antoine Deshaies

La plupart des joueurs ne gagneront pas leur vie avec ce sport. Le receveur de passes du Rouge et Or Guillaume Rioux n'a pas oublié sa commotion.

« J'ai perdu la carte pendant quelques secondes, une quinzaine ou vingtaine, le temps que le personnel médical arrive sur le terrain, relate Rioux. Ce ne sont pas eux qui m'ont réanimé, mais ils m'ont fait rouvrir les yeux. »

Les symptômes ont disparu dès le lendemain et Guillaume est revenu au jeu deux semaines plus tard. Il est bien conscient des risques.

« C'est sûr que si je faisais trois, quatre, cinq commotions rapprochées d'ici la fin de ma carrière, je me poserais peut-être des questions », ajoute Rioux.

« Moi, ça ne me dérange pas d'avoir 50 ans et de n'être plus capable de marcher parce que j'ai pété mes genoux trop de fois, souligne le joueur de ligne défensive de l'Université Laval Brandon Tennant.

« Mais je veux être à 50 ans et être capable de jouer avec mes enfants... d'écouter la télé. Un coup de trop, ça peut changer ça. »

Préoccupé, Brendan Tennant. Tout comme Pierre-Luc Dussault, le quart recrue des Redmen de McGill et étudiant en médecine.

Il n'a pas l'intention de collectionner les commotions, car le football, pour lui, s'arrêtera à l'université.

« À la première, j'y penserais pour vrai. Je ne jouerais pas avec ça. Je trouve ça sérieux. Je veux garder ma tête pour l'école et pour la vie, déclare Dussault.

Et les entraîneurs dans tout ça?

Les athlètes sont de plus en plus forts, les contacts de plus en plus violents.

Pas question pour les entraîneurs de changer la nature du football, mais ils veulent réduire les risques.

« Dans le football mineur, il faut enseigner aux joueurs à plaquer sans utiliser leur casque, dit Clint Uttley, entraîneur-chef des Redmen.

Les entraîneurs ont aussi modifié leur philosophie d'entraînement : les contacts oui, mais le moins possible.

« C'est comme l'analogie au baseball avec les lanceurs, croit l'entraîneur des Carabins de l'Université de Montréal Danny Maciocia. On fait souvent référence au décompte des lancers. Mais là, il va falloir prendre en considération le décompte des plaqués.

« On veut limiter le nombre de fois qu'on se frappe. En faisant ça, on est en train de protéger nos jeunes joueurs. »

Des joueurs qui évitent encore le sujet entre eux...

« Les commotions, c'est un peu un tabou, on n'en parle pas souvent », note le quart de McGill Jonathan Collin.

Un sujet toujours tabou et délicat.

Les Carabins de l'Université de Montréal ont d'ailleurs refusé que leurs joueurs commentent le sujet, affirmant que ce n'est pas aux athlètes de parler de commotions...

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