Comment expliquer qu'un tableau nous captive autant? D'où vient que tel ou tel morceau de notre groupe préféré nous donne la chair de poule? La réponse se trouve évidemment dans notre cerveau. Et si l'art évoque encore aujourd'hui une forme de mystère, les neurosciences ont déjà entrepris de le déconstruire, notamment grâce à l'imagerie cérébrale qui permet, petit à petit, de cartographier notre cerveau.

En témoigne cette étude publiée par le Journal of Consciousness Studies au cours de laquelle des chercheurs de l'université britannique d'Exeter ont observé les réactions du cerveau de 13 volontaires à la lecture de textes en prose, mais aussi de poésie. Au programme: la lecture de la notice d'instruction d'un système de chauffage, des morceaux choisis de romans, des sonnets plus ou moins difficiles à comprendre, ainsi que des poèmes choisis par les volontaires.

Musique et introspection

Tous ces textes ont évidemment activé la région du cerveau sensible à la lecture, mais les chercheurs ont aussi pu se rendre compte que certaines d'entrer elles ont réveillé des zones généralement associées à la musique. On n'aurait donc pas tort de parler de la "musique d'un texte". D'autant moins tort que ces zones, principalement situées dans la partie droite du cerveau, sont aussi connues pour être à l'origine de la chair de poule que nous pouvons ressentir lorsque nous écoutons de la musique.

Par ailleurs, lorsque les volontaires ont lu des poèmes qu'ils avaient choisis, les chercheurs ont davantage vu s'activer la zone associée à la mémoire, que celle associée à la lecture. Relire un poème connu relèverait donc davantage de l'exercice de mémorisation, que de lecture à proprement parler.

Mais prose ou poésie, quelle différence? Se tenir à cette comparaison a permis à l'équipe du professeur Adam Zeman d'identifier deux régions que la poésie était la seule à activer. Qu'il s'agisse du lobe temporal médian ou du cortex cingulaire postérieur, l'une comme l'autre sont généralement associée... à l'introspection. "Certains affirment que l'art et la science sont irréconciliables, explique Zelman, mais l'imagerie cérébrale nous permet d'accumuler de plus en plus de preuves témoignant de notre expérience cérébrale de l'art."

La perspective laisse en tout cas rêveur et pose plusieurs questions. Les artistes se saisiront-ils de ce savoir pour produire des oeuvres "parfaites"? De telles œuvres peuvent-elles exister? Et surtout, faut-il vraiment tout savoir, ou ne serait-il pas souhaitable de conserver cette part de mystère inhérente à la production et à l'appréciation artistique? À chacun d'en juger.

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