Jeunes et emploi: un parcours parfois semé d'embûches

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YOUNG JOB HUNTING
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Qu'arrive-t-il une fois les études terminées. Est-ce facile de se trouver un travail? Combien de temps, en moyenne, un finissant doit-il espérer prendre pour se trouver un bon emploi bien rémunéré dans son domaine d’études? Voilà des exemples de questionnements qui représentent les différentes réalités du marché du travail, au pays, et auxquels les jeunes peuvent être confrontés.

Gabrielle Côté, une jeune fille dans la vingtaine, s’est retrouvée sur le chômage après ses études. Durant son parcours scolaire, elle bossait pour une société d’État dans son domaine, dans la région d’Ottawa. Après un congé de maladie, et désirant changer de région, elle quitte la Capitale nationale pour tenter sa chance à Montréal.

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Un choix stratégique quant à son avenir, mais qui, malheureusement, n’a pas donné les résultats escomptés. Tellement qu’elle s’est retrouvée, après avoir passé quelque temps sur le chômage, à occuper un emploi de serveuse. Un emploi qui est loin de ses compétences, elle qui a complété un baccalauréat en science politique ainsi qu’une mineure en administration des affaires à l’Université d’Ottawa, nous a-t-elle raconté via courriel.

«Je suis maintenant serveuse étant donné qu'il s'agit d'un métier que j'avais déjà pratiqué et qui est le plus payant à court terme», explique-t-il.

Selon Gabrielle Côté, plusieurs de ses amis se retrouvent dans une situation similaire, incapables de se trouver, une fois les études complétées, un travail dans leur domaine d’études.

«J'ai aussi un ami qui a terminé son baccalauréat en enseignement de l’histoire au secondaire, il n’a toujours pas de poste à la Commission scolaire de Montréal, et contrairement à moi, il n'est pas admissible au chômage étant donné qu'il n'a pas le nombre d’heures requises pour être admissible, il a toujours travaillé à temps partiel durant ces études», poursuit-elle.

Une situation récurrente

Porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), Pierre Céré explique que cette situation n’a rien de singulière. Au contraire, plusieurs jeunes finissants vont faire face à la difficulté de se trouver un emploi, une fois les études complétées.

«Et c’est sans compter qu’ils se verront souvent offrir des emplois à temps partiel, ou encore à statut précaire. Ce qui complique l’obtention de chômage par la suite», dit-il.

Un phénomène qui va en augmentant, remarque-t-il cependant. «Selon les données, 20% des jeunes finissants vont obtenir un emploi à temps partiel, et le tiers occuperont des emplois à statut précaire, présente-t-il comme chiffres. Ce qui a comme conséquence que 71% des jeunes en moyenne n’auront pas accès à l’assurance chômage», dit-il, se référant à des données d’un récent sondage.

En effet, selon des derniers chiffres, le taux d’accès à l’assurance-emploi chez les jeunes se situé autour de 15%, contre 33% pour ceux qui travaillaient à temps partiel, soit de 22% de façon générale.

Conseillère en emploi à l’Université de Sherbrooke, Maryse Grégoire explique que la fin des études est «une grosse transition» chez beaucoup de finissants. «Les finissants vont vivre la fin de leur parcours chacun de manière différente. Il y a un mélange d’émotions et de vertige, bien souvent», explique-t-elle.

Parmi les émotions, elle remarque que les jeunes finissants vont souvent être confrontés à «la peur face à l’insécurité ainsi que celle de bien cibler le milieu où ils peuvent travailler». «Les finissants ont beaucoup de doutes, souligne-t-elle. Ils viennent souvent nous voir pour une clarification des possibilités de carrière, en lien avec leurs études.»