DIVERTISSEMENT

«Jugez-moi», de François Massicotte : pas de quoi mal juger (VIDÉO)

10/10/2013 03:31 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

François Massicotte ne devrait pas s’attirer trop de jugements négatifs avec son sixième one man show, Jugez-moi, qu’il présentait en première montréalaise mercredi soir, au Théâtre St-Denis. Ses deux heures de pur stand up - l’humoriste a même blagué sur sa mise en scène minimaliste – passent à la vitesse de l’éclair et naviguent dans des eaux variées, souvent extirpées de sa propre vie.

Massicotte a ouvert la soirée en adressant un clin d’œil aux candidats à la mairie de Montréal, en lien avec le débat qui se jouait pendant qu’il présentait son spectacle. Sautant habilement du coq à l’âne, il a ensuite raconté une opération subie pour un décollement de la rétine. Bon raconteur, il parvient à déclencher les rires avec des tournures de phrases qui ont du punch.

Père d’un clan de trois enfants, dont deux vivent chez lui en famille d’accueil mixte, François Massicotte a amplement de matériel sous son propre toit pour pondre des textes mordants, qui en interpelleront plusieurs. Aux gens qui lui demandent si ses deux cadets ont été adoptés, le comique y va d’une réponse cinglante : «Non, ma blonde m’a trompé deux fois avec P.K Subban, et on les garde, parce que ça nous ramène un gros chèque à chaque mois.»

Pour les besoins de sa nouvelle réalité familiale, Massicotte a dû accueillir chez lui sa belle-mère, qui donne un coup de main pour l’éducation des rejetons. Évidemment, cette arrivée laisse place à de nombreux gags. Il faut absolument l’entendre imiter la voix de fumeuse de «l’invitée», ou encore expliquer comment celle-ci est finalement devenue une alliée… au hockey et au Play Station.

Autre bon moment, lorsque l’homme utilise le prétexte de la Commission Charbonneau pour sonder l’honnêteté du public dans la salle et confronter les spectateurs à leurs petits mensonges quotidiens. «Les stylos que vous avez chez vous, les avez-vous vraiment tous achetés? Chez Costco, qui ne s’est jamais bourré la face dans le comptoir de dégustation, pris le paquet pour faire croire à la dame qu’on allait l’acheter, et le sacrer plus loin en arrière d’une TV?» Hilarant.

La première moitié de la présentation s’achève sur un coup de gueule aux multiples émissions de cuisine qui remplissent notre petit écran («À un moment donné, il va y avoir une pénurie de recettes!») et sur le récit de péripéties enlevantes derrière le fourneau, un soir de Noël. Semble-t-il que chez les Massicotte, faire cuire une dinde n’a rien de simple…

Ados d’hier et d’aujourd’hui

En deuxième partie, François Massicotte aborde le débat de la Charte des valeurs québécoises en imaginant son propre code du genre, la Charte Massicotte, dans laquelle les banques, les câblodistributeurs, les sportifs, les vedettes rock et les gadgets électroniques subissent un mauvais quart d’heure. Il fait également mouche lorsqu’il évoque nos «crampes au cerveau», ces moments d’égarement ou ces questions stupides qui nous traversent parfois l’esprit. Mais l’une de ses meilleures trouvailles demeure ce segment où il détaille comment il a tenté de «désintoxiquer» son fils de la technologie, et où il dresse la liste des comparaisons entre les adolescents d’hier et ceux d’aujourd’hui.

«Quand j’étais jeune, acheter en ligne, c’était attendre en ligne à la caisse. Quand j’étais jeune, une pipe, il y avait juste nos grands-pères qui parlaient de ça!», a-t-il relevé.

François Massicotte a conclu son tour de piste avec une fausse vente de garage d’objets inutiles accumulés chez lui au fil du temps, et avec des remerciements sentis à ses admirateurs, qui le supportent dans son cheminement professionnel depuis maintenant 30 ans. Une finale tout en émotion, très appréciée du parterre.

Avec un titre comme Jugez-moi, on aurait été en droit de s’attendre des confessions croustillantes, à des tabous décortiqués sans complaisance, mais François Massicotte ne voulait visiblement pas choquer avec son nouvel effort. Qu’à cela ne tienne; son sourire moqueur et sa vive répartie font amplement le boulot.

François Massicotte présentera Jugez-moi vendredi et samedi au Théâtre St-Denis, puis à la salle Albert-Rousseau, à Québec, le 19 février 2014. Pour toutes les dates et pour se procurer des billets, on consulte le www.francoismassicotte.com.

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