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Une semaine d'impasse budgétaire à Washington

08/10/2013 07:31 EDT | Actualisé 08/12/2013 05:12 EST

De timides signes d'ouverture parviennent aussi bien du Congrès que de la Maison-Blanche sur le budget fédéral et le plafond de la dette après sept jours d'impasse budgétaire à Washington, mais rien n'indique qu'un accord est imminent alors que le temps presse.

Les élus américains ont jusqu'au 17 octobre pour relever le niveau d'endettement maximal du pays et éviter un défaut de paiement. Le président, Barack Obama, a fait savoir lundi qu'il pourrait accepter une solution à court terme pour augmenter légèrement le plafond de la dette, préférant tout de même une hausse suffisante pour tenir un an.

Depuis le début du mois, tous les services fédéraux sont suspendus puisque les républicains et les démocrates ne sont pas parvenus à s'entendre sur le budget de l'État fédéral. Majoritaires à la Chambre des représentants, les républicains réclament des concessions sur la réforme de la santé de Barack Obama, l'« Obamacare », avant de financer de nouveau les services fédéraux, en y ajoutant des exigences en matière de réduction des dépenses.

Marquant une légère évolution dans son discours, le président Obama s'est dit prêt lundi à discuter de sa réforme de santé, mais seulement une fois que le Congrès aura voté des mesures pour relancer les services fédéraux. Cependant, un tel accord à court terme donnerait du temps aux négociations, mais ne réglerait pas les problèmes de fond.

Peut-être une entente sur le budget

Un sénateur républicain spécialiste des questions budgétaires, Rob Portman, élaborerait un plan de sortie de crise, d'après un attaché parlementaire ayant requis l'anonymat, cité par l'agence Reuters.

Cette entente prévoirait que Barack Obama obtienne un financement de l'État fédéral pour une année pleine et non pas une loi valable seulement quelques semaines pour ainsi éviter de nouvelles négociations en novembre ou décembre.

Pour les républicains, un programme de réduction de dépenses publiques supplémentaires de 600 milliards de dollars serait mis en œuvre sur 10 ans, une proposition déjà formulée par Barack Obama. Ces économies seraient essentiellement réalisées dans les programmes sociaux. La fiscalité serait aussi réformée d'ici l'an prochain pour stimuler la croissance économique.

Pressions internationales

Mardi, le Japon et la Chine ont pressé les États-Unis à trouver rapidement un compromis sur le relèvement du plafond de la dette pour éviter que cette crise n'affecte l'économie mondiale. Les deux pays s'inquiètent des conséquences de l'impasse politique sur leurs investissements dans les bons du Trésor américains, qui se chiffrent en milliers de milliards de dollars.

« Les États-Unis doivent éviter une situation où ils feraient défaut », a déclaré le ministre japonais des Finances, Taro Aso. « Les États-Unis doivent être pleinement conscients que si cela arrivait, ils plongeraient dans une crise budgétaire ».

Confiance de Moody's

Par ailleurs, l'agence de notation Moody's juge très faible le risque de voir les États-Unis faire défaut sur leur dette au cours des prochaines semaines, a déclaré mardi son PDG.

« Nous avons une note AAA et une perspective stable (sur les États-Unis), ce qui reflète notre opinion selon laquelle un défaut est un événement extrêmement improbable », a déclaré Michel Madelain lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv. « La paralysie partielle du gouvernement n'affecte pas vraiment la fiabilité de l'État en matière de crédit », a-t-il précisé.

Moody's s'attend à ce que les autorités américaines prennent toutes les mesures nécessaires pour continuer à payer les intérêts et le principal de la dette publique, a ajouté M. Madelain, même si le plafond de la dette n'est pas relevé.

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