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Scandale des centrales : la première ministre promet de tirer des leçons

08/10/2013 07:12 EDT | Actualisé 08/12/2013 05:12 EST

Même si le soleil brille à Toronto, mardi, la journée risque d'être sombre pour la première ministre Kathleen Wynne, alors que les Ontariens apprendront finalement à quel point les libéraux ont sous-estimé le coût de l'annulation, avant les dernières élections provinciales, d'un projet controversé de centrale électrique à Oakville.

La vérificatrice générale de l'Ontario Bonnie Lysyk déposera, en après-midi, son rapport tant attendu sur le coût de l'abandon du mégaprojet. 

Selon les néo-démocrates, le promoteur TransCanada Energy n'aurait été admissible à aucun dédommagement, si les libéraux avaient laissé le projet mourir de sa propre mort, plutôt que de négocier à grand coût la résiliation du contrat.

Les partis d'opposition accusent depuis des mois le gouvernement libéral d'avoir tenté de cacher aux contribuables le véritable coût de l'annulation du projet de centrale au gaz naturel à Oakville et d'une centrale similaire à Mississauga. Les deux projets avaient suscité une levée de boucliers dans la communauté. À Oakville, des résidents avaient même fait venir en appui à leur cause la militante américaine Erin Brockovich, incarnée au grand écran par Julia Roberts.

À l'Assemblée législative mardi matin, la première ministre Wynne a affirmé que son gouvernement avait réalisé que les inquiétudes de la communauté étaient fondées et a changé son fusil d'épaule. Elle a ajouté que les partis d'opposition étaient d'accord.

Toutefois, la première ministre a admis à nouveau que les coûts d'annulation des deux projets étaient inacceptables aux yeux du public et elle a promis d'apprendre des erreurs de son gouvernement.

La question sera vraisemblablement l'un des enjeux principaux de la prochaine campagne électorale, qui pourrait être déclenchée à tout moment, étant donné que le gouvernement est minoritaire.

Les libéraux ont admis en mars dernier que la facture à payer à Oakville serait sans doute plus élevée que les 40 millions de dollars promis au départ, sans vouloir donner de chiffre. Selon le consultant Bruce Sharp, la décision prise en 2010 par l'ex-premier ministre Dalton McGuinty risque de coûter 15 fois plus aux contribuables. Pour sa part, le président de l'Office de l'électricité de l'Ontario, Colin Andersen, a évoqué le chiffre de 310 millions en avril dernier, devant un comité parlementaire qui enquêtait sur la question.

L'annulation du projet de centrale à Mississauga, en pleine campagne électorale en 2011, aura coûté 275 millions de dollars, soit 45 % de plus que les estimations du gouvernement, selon un précédent rapport du bureau du vérificateur général.

Le PC tire à boulets rouges

Lundi, la porte-parole conservatrice sur les questions d'énergie, Lisa MacLeod, a accusé à nouveau les libéraux d'avoir tué les deux projets, pour « gagner cinq sièges », pour ensuite affirmer qu'il s'agissait de « la plus grosse fraude électorale de l'histoire de l'Ontario ».

Mme MacLeod a aussi demandé à nouveau à la première ministre Wynne, qui a hérité du scandale après avoir succédé à Dalton McGuinty en janvier dernier, de présenter des excuses publiques. Les conservateurs prônent le déclenchement d'élections depuis des mois.

Mme Wynne a répondu qu'elle s'était déjà excusée à plusieurs reprises dans le passé. « J'ai dit qu'il y a des décisions qui ont été prises qui n'auraient pas dû être prises », a-t-elle affirmé.

La première ministre a concédé que l'annulation des deux projets de centrales était une décision « politique ». Mais elle soutient qu'elle a toujours cherché à faire la lumière sur la question, ce pourquoi elle a demandé à la vérificatrice générale d'enquêter sur la question. Les partis d'opposition rétorquent qu'elle était la codirectrice de la campagne libérale en 2011 et qu'elle est donc elle aussi responsable de la décision du gouvernement.

Mme Wynne n'a pas voulu dévoiler, lundi, le coût de l'abandon du projet d'Oakville, expliquant que, même si elle connaissait le chiffre auquel était arrivée la vérificatrice Lysyk, elle ne pourrait pas le divulguer avant que son rapport ne soit rendu public.

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