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«Un peu de sang avant la guerre» : Jean-François Nadeau offre ses réflexions (ENTREVUE)

08/10/2013 09:40 EDT | Actualisé 08/12/2013 05:12 EST
Jacques Nadeau

L'historien, auteur et journaliste Jean-François Nadeau lançait mercredi dernier Un peu de sang avant la guerre, un recueil de textes rédigés entre 1998 et 2013, et parus dans des publications comme Le Devoir, Le Quartier libre, Le Libraire, Liberté, Spirale et Agone. Sans porter directement sur le thème de la guerre et l'exercice militaire, l'ouvrage offre des réflexions sur certaines problématiques de notre monde, sur l'évolution de notre société et sur les êtres qui la font avancer.

«Ça dépasse très largement la question de la guerre, a expliqué Jean-François Nadeau. C'est plutôt un travail personnel qui rejoint un certain nombre de sensibilités sur plusieurs sujets. C'est une façon de raconter notre histoire, pour mieux nous comprendre nous-mêmes. Il y a une ligne très personnelle installée là-dedans. Ce n'est pas un livre à thèses. La guerre est importante, mais dans la mesure où il s'agit essentiellement d'une affaire privée.»

Par exemple, le titre du bouquin, Un peu de sang avant la guerre, est aussi celui d'un article découlant d'un pan de vie d'un cousin de l'auteur qui, à la veille de partir se battre en Afghanistan, s'est tailladé un doigt, geste qui a provoqué une giclée de sang prémonitoire devant l'horreur qui l'attendait. L'anecdote d'un soldat se déplaçant en béquilles dans une église de la Beauce, un soir de Noël, sert de point de départ à un brûlot décriant l'effronterie de nos dirigeants financiers. Un regard sur le quartier Hochelaga, sur La Nouvelle-Orléans, un clin d'œil à la célébrité instantanée et le souvenir d'une manifestation de la grève étudiante de 2012 sont les éléments centraux d'autres chroniques du recueil, dans lequel Jean-François Nadeau consacre aussi des écrits à des figures qui lui sont chères, comme Pierre Vadeboncoeur, Alexis le Trotteur, Pierre Perrault, Pierre Foglia et Aristide Filiatreault.

«La notion de guerre, de drame, de conflit, est toujours présente, mais ce n'est pas permanent, a précisé Jean-François Nadeau. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a un certain nombre de strates, d'expériences communes, qui finissent par constituer une communauté d'esprit, et que ça vaut la peine d'essayer de comprendre ce que ça veut dire. Il y a des choses auxquelles on ne réfléchit pas souvent, comme cet aspect du rapport à la guerre, au conflit, à l'Afghanistan, aux gens qui vont se battre. Lorsque c'est arrivé, on a un peu passé ça sous silence, on n'a pas dit grand-chose. On a eu des comptes-rendus sur le nombre de morts, sur les explosions, sur le nombre d'effectifs qu'il y avait là-bas, mais il n'y a pas eu beaucoup de récits sensibles de l'intérieur.»

En ressortant ses dissertations passées, le directeur adjoint à l'information au Devoir a ressenti le besoin de peaufiner ses idées et s'est ainsi adonné à la réécriture de certaines d'entre elles.

«Je voulais faire durer un certain nombre de textes, que j'ai tous réécrits sans raison apparente, a-t-il spécifié. Publier, ce n'est jamais un objectif pour moi. Je n'ai jamais le but de sortir un livre, dans la vie. Mais je travaille volontiers à des textes pour mon simple plaisir et, à un moment donné, pour passer à autre chose, je mets une couverture dessus et ça règle la question. Je ne voulais répondre à aucune attente.»

Un peu de sang avant la guerre, de Jean-François Nadeau, est publié chez Lux éditeur, et est présentement en vente.

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