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08/10/2013 10:50 EDT | Actualisé 08/12/2013 05:12 EST

Depuis sa rencontre avec Vaillancourt, Claire Le Bel, d'Option Laval, a peur

LAVAL, Qc - Au lendemain de l'agression de son directeur de campagne, la candidate à la mairie de Laval Claire Le Bel a révélé, mardi, qu'elle avait demandé et obtenu la protection de la police.

La candidate du parti Option Laval, qui n'a pas reçu de menaces, dit quand même craindre pour sa sécurité ainsi que celle de sa famille.

«Je ne suis plus en auto toute seule, a-t-elle expliqué. Moi, je suis habituée de conduire mon auto et de faire mes affaires moi-même.»

Mme Le Bel a également confirmé que l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, avait fait de multiples démarches afin de la rencontrer, en août dernier, pour notamment l'aider en ce qui a trait au financement d'Option Laval.

En point de presse, la candidate à la mairie n'est pas revenue sur les circonstances entourant l'agression de Reny Gagnon, affirmant seulement que son directeur de campagne avait porté plainte à la Sûreté du Québec.

Mme Le Bel a dit avoir rencontré M. Gagnon et que ce dernier se portait bien dans les circonstances.

M. Gagnon aurait été agressé lundi soir, à Laval, sur une voie rapide, dans des circonstances qui demeurent nébuleuses, puisque les autorités refusent de donner des détails concernant l'événement.

La chef d'Option Laval refuse de voir un lien direct entre sa sortie pour révéler la tentative d'incursion de M. Vaillancourt dans la campagne électorale lavalloise et l'agression de M. Gagnon, survenue le jour même, mais reconnaît qu'il y a une «coïncidence».

«Quand ont fait affaire avec quelqu'un qui est accusé de gangstérisme (...) ça veut dire qu'il n'est pas tout seul à agir», a dit Mme Le Bel.

La candidate à la mairie dit avoir été contactée une première fois par Gilles Vaillancourt le 13 août dernier. Malgré les refus de la part de Mme Le Bel, l'ex-maire a insisté pour la rencontrer.

En compagnie de membres de son équipe, Mme Le Bel a enregistré à son insu M. Vaillancourt, qui tenait à lui offrir son aide, avant de remettre l'enregistrement aux enquêteurs de la Commission Charbonneau, puis l'escouade Marteau.

Mme Le Bel a dit avoir révélé le contenu de sa rencontre avec M. Vaillancourt après avoir été informée par les autorités que le dossier était considéré comme «non prioritaire».

«Je me disais que ça n'avait pas de bon sens de laisser la campagne se dérouler sans que les citoyens soient informés», a dit la chef d'Option Laval.

Cette dernière est certaine que M. Vaillancourt a tenté des approches similaires à l'endroit des autres partis à Laval.

«Je trouverais ça assez étonnant qu'il ait rencontré juste moi, a observé Mme Le Bel. C'est rare que l'on tente de financer un parti juste par gentillesse.»

À Québec, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, s'est dit «dégoûté» de cette situation.

«C'est de voir ce gendre d'intervention et de dire qu'il y a d'autres systèmes, a-t-il dit. Le seul moyen de changer cela est d'aller voter le 3 novembre.»

Mme Le Bel, une ex-conseillère au sein du parti de Gilles Vaillancourt, le PRO des Lavallois, a aussi expliqué pourquoi elle a attendu avant de révéler les détails de sa rencontre avec son ancien chef.

«On ne voulait pas nuire aux enquêtes, a-t-elle dit. Mais du moment qu'il ne se passe rien, il faut que les citoyens soient informés.»

La chef d'Option Laval a cependant reconnu qu'elle aurait pu agir plus rapidement. «Avec un recul, on aurait dû faire cela, a dit Mme Le Bel. On prend de l'expérience.»

Visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'Unité permanente anticorruption, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire le 9 novembre 2012. Il avait régné sur le territoire lavallois pendant 23 ans.

Le maire déchu et 36 autres personnes font l'objet de multiples accusations à la suite de leur arrestation, au printemps dernier, par l'UPAC. Leur enquête préliminaire devrait s'amorcer le 30 juin 2014.

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