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Un ancien policier arrêté pour avoir transmis de l'information aux Hells Angels

07/10/2013 10:58 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Le système policier et judiciaire au complet se trouvent dans un profond embarras à la suite de l'arrestation ce week-end d'un ancien policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Benoît Roberge, qui est accusé d'avoir vendu des informations aux Hells Angels.

La conjointe de M. Roberge, Me Nancy Potvin, est procureure de la Couronne au Bureau de lutte contre le crime organisé. Aucune décision n'a été prise au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales concernant Me Potvin, qui est présentement en vacances, mais le porte-parole du DPCP, Me René Verret, a reconnu que l'affaire avait forcé l'institution à réagir.

«Il y a des mesures provisoires de sécurité qui ont été prises aujourd'hui. Le DPCP est préoccupé par la situation. Il est important pour nous dans les circonstances de préserver l'intégrité de l'institution et de faire en sorte que les dossiers qui sont traités par le DPCP, les procès en cours, soient protégés et que les informations à notre disposition soient aussi sauvegardées», a-t-il indiqué à la suite de la comparution du policier.

Celui-ci a été amené au box des accusés lundi après-midi au palais de justice de Montréal, lundi après-midi, sous deux accusations liées au gangstérisme, une de tentative d'entrave à la justice et une autre d'abus de confiance. Il avait la tête basse et les épaules voûtées.

Revenu Québec a par ailleurs confirmé que Benoît Roberge avait été relevé provisoirement de ses fonctions. M. Roberge, dont la retraite du SPVM est devenue effective en août dernier, occupait depuis le 11 mars le poste de chef du service de renseignement à Revenu Québec.

Benoît Roberge était spécialisé dans la lutte au crime organisé. Il aurait aurait transmis aux Hells Angels des informations sur des enquêtes en retour de sommes d'argent. Les infractions qu'on lui reproche se seraient produites entre janvier 2010 et aujourd'hui.

M. Roberge a été appréhendé par le Groupe tactique d'intervention sur la Rive-Sud de Montréal alors qu'il se trouvait en compagnie d'un individu lié aux Hells Angels.

Benoît Roberge était membre de l'escouade régionale mixte de Montréal et enquêtait sur le crime organisé depuis une quinzaine d'années.

«M. Roberge a eu une carrière reliée à la lutte au crime organisé qui l'a impliqué dans diverses enquêtes, dont celles menées contre les Hells Angels», a confirmé le responsable du service des communications à la SQ, Michel Forget.

Il faisait l'objet d'enquêtes internes depuis déjà quelques mois, alors que les policiers avaient constaté des irrégularités dans leurs enquêtes sur les Hells Angels qui ne pouvaient être expliquées que par des fuites.

L'ancien policier a comparu par vidéoconférence une première fois dimanche, en fin de soirée. Il doit revenir devant la cour le 10 octobre pour son enquête sur remise en liberté.

L'inspecteur Forget estime que l'utilisation de ce policier chevronné par les Hells Angels illustre démontre l'efficacité du travail intensif de lutte contre le crime organisé depuis quelques années.

«Nous sommes rendus à un niveau tel, au Québec, qu'on déstabilise les structures du crime organisé, qu'ils vont tenter par tous les moyens de nuire à nos enquêtes.»

L'enquête se poursuit mais la Sûreté n'entrevoit pas d'autres arrestations pour l'instant.

Le SPVM, la Gendarmerie royale du Canada et l'Agence de revenu du Québec collaborent à l'enquête de la Sûreté du Québec dans ce dossier.

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