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Même accusé et suspendu, Michel Lavoie confiant d'être réélu maire à Saint-Rémi

07/10/2013 08:05 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST
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La campagne municipale prend une tournure peu ordinaire à Saint-Rémi, en Montérégie. L'ancien maire Michel Lavoie, suspendu de ses fonctions cet été en raison des accusations criminelles qui pèsent contre lui, est persuadé de remporter le scrutin du 3 novembre. Il continue de bénéficier de nombreux appuis dans la population et ses adversaires admettent qu'il a des chances de gagner.

Un reportage de Thomas Gerbet

Si Michel Lavoie remporte les élections municipales, ce sera un pied de nez à la nouvelle loi 10 de Québec. « Je suis très très fier, c'est vraiment la démocratie qui va parler », lance l'ancien maire dans sa première entrevue depuis l'annonce de sa destitution, le 29 août 2013. « Le support est là, je le sens et je suis très très confiant. Si je n'avais pas eu confiance en ma population, je ne serais pas là. »

L'ancien maire ne se cache pas et mène sa campagne électorale comme si de rien n'était. Il participe à des rencontres associatives, serre des mains et poursuit son travail au sein de sa compagnie de transport de matières compostables. « Je suis aussi bien reçu que mes autres campagnes précédentes », affirme celui qui se présente à la mairie pour la septième fois, après 16 ans au pouvoir. Michel Lavoie reconnaît tout de même qu'à deux ou trois reprises, des citoyens lui ont fait part de leurs préoccupations concernant les accusations criminelles qui pèsent contre lui.

De nombreux citoyens soutiennent Michel Lavoie

« Le commerce ici va bien, le développement industriel va bien, il y a beaucoup d'expansion », explique une dame âgée qui promène son chien rue Notre-Dame, artère qui traverse la ville de 7600 résidents. Elle votera pour Michel Lavoie le 3 novembre, nous avoue-t-elle. Et les accusations criminelles? « Ha! Les histoires d'accusations. Un instant, là, je me demande si ce ne sont pas des coups montés. » À quelques pas de là, un homme prend lui aussi la défense de l'ancien maire : « Il ne peut pas avoir volé plus que la valeur du budget de la Ville. À quelle place on ne triche pas? On triche même aux cartes. »

Selon Michel Lavoie, s'il continue de bénéficier du soutien des citoyens, c'est parce que « Saint-Rémi, ce n'est pas Montréal. On est une population qui se tient tissée, les coudes serrés, on peut se parler. » Les discussions sont d'ailleurs animées dans un commerce du centre-ville. La propriétaire, qui a tenu à garder l'anonymat, essaie le plus possible de parler des accusations qui pèsent contre le maire suspendu, « pour ne pas qu'il gagne, parce qu'il a encore beaucoup d'appuis ». Selon elle, les gens qui aiment Michel Lavoie et ceux qui le connaissent « ne croient pas à ces accusations. Ils lui laissent le bénéfice du doute ou adhèrent à l'idée de favoriser ses amis ».

Les candidats à la mairie inquiets

Éric Pigeon s'est lancé dans la campagne électorale municipale dès qu'il a su que Michel Lavoie allait se représenter. L'avocat de 45 ans regrette la situation actuelle. « La population ne comprend pas ce qu'il s'est réellement passé, dit-il. Et ce qu'on voit ici, au contraire, c'est de la désinformation. Les gens ne savent que ce qu'on leur rapporte via les partisans de Michel Lavoie. »

Éric Pigeon aurait aimé que le procès de l'ancien maire ait lieu avant le 3 novembre pour que la preuve soit rendue publique. Selon lui, cette situation crée « un flou autour des faits exacts qui lui sont reprochés ». Le procès de Michel Lavoie pourrait se tenir au printemps 2014, voire à l'été. S'il est élu maire, mais déclaré coupable par la suite, un nouveau processus de destitution s'enclencherait, à moins qu'il démissionne (ce qu'il n'avait pas fait à la suite de son arrestation par l'UPAC). L'ancien maire reçoit toujours son salaire, qu'il devra rembourser s'il est reconnu coupable.

Outre l'avocat Éric Pigeon, deux autres candidats se présentent contre Michel Lavoie : la conseillère sortante Sylvie Gagnon-Breton et l'ancien maire de 1988 à 1992, Charles E. Verge. La division du vote entre les opposants pourrait avantager Michel Lavoie.

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