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Le ministère de la Défense annonce des mouvements de personnel

07/10/2013 03:35 EDT | Actualisé 07/12/2013 05:12 EST

OTTAWA - Jusqu'à 4800 employés civils et militaires du ministère de la Défense nationale pourraient, d'ici les quatre ou cinq prochaines années, être affectés à d'autres tâches, suivre des formations pour de nouvelles fonctions ou même perdre leur poste.

Ces changements à venir font partie de ce que le ministère qualifie de «stratégie de renouveau» qui a été dévoilée par le gouvernement conservateur, lundi.

Ce plan pourrait permettre d'économiser jusqu'à 1,2 milliard $ par année d'ici 2017. En point de presse lundi, le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a insisté pour dire que cette somme ne serait pas pour autant perdue à la Défense.

«Notre intention n'est pas de réduire nos forces armées régulières et réservistes ou d'employés civils», a-t-il assuré.

L'objectif viserait plutôt à redistribuer la main-d'oeuvre et déplacer le personnel administratif vers des postes non-administratifs dans des bases militaires à travers le pays.

Mais si le plan ne devrait pas se traduire par une réduction du personnel, de hauts représentants du ministère ont tout de même prévenu qu'il y aurait des pertes d'emplois sur une base «individuelle» pour ceux qui ne peuvent être réaffectés ailleurs.

Ils ont aussi insisté pour dire que ce plan était distinct des exercices d'examens stratégiques et du Plan d'action pour la réduction du déficit, qui ont tous deux conduit à des coupes d'emplois.

L'Union des employés de la Défense nationale a toutefois sourcillé devant la promptitude des responsables à assurer qu'un tel plan ne se limitait pas à sabrer dans les emplois.

«L'histoire récente nous a appris à faire très attention à ce qu'on nous dit», a souligné Mark Miller, le vice-président de ce syndicat représentant 17 000 employés du ministère.

Dans le cadre de son processus de compressions budgétaires, Ottawa a déjà avisé 1700 employés de la Défense nationale que leur poste serait aboli, selon des données du syndicat.

«Je vais prendre tout ce qui s'est dit aujourd'hui avec un grain de sel», a lancé M. Miller.

Il s'est aussi inquiété du fait qu'aucun détail n'ait été donné concernant la formation envisagée pour les travailleurs.

Le plan prévoit notamment la réduction du nombre de directeurs au sein du ministère. Selon les estimations indiquées dans ce document, la moitié des cadres actuels dirigent un effectif jugé trop petit.

Les responsables n'ont pas précisé combien d'emplois étaient visés au quartier général de la Défense à Ottawa, mais des documents indiquent que 1034 employés pourraient être affectés.

On mentionne également dans le plan que le remaniement sera effectué «humainement» mais qu'il serait aussi optimisé de toutes les manières possibles et que le recours à la technologie, dont des simulateurs de haut niveau, contribuerait à réduire les coûts.

Des experts de la défense, dont le général à la retraite Rick Hillier, ont soutenu que le gouvernement fédéral ne serait pas en mesure d'atteindre ses objectifs budgétaires au ministère de la Défense si les forces régulières, qui comptent actuellement 68 000 membres, n'étaient pas réduites.

Or, l'une des promesses électorales du Parti conservateur en 2006 avait été de grossir les rangs de l'armée pour atteindre 75 000. Cet objectif avait par la suite été revu à la baisse à 70 000, puis à 68 000.

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